‹ Mémoires du Maréchal Marmont, duc de Raguse de 1792 à 1841, imprimés sur le manuscrit original de l'auteurChapitre 146 sur 156 · J! EL ANGES. 57T · texte numérisé non relu

J! EL ANGES. 57T

Ijiiigiier à la fois. Il y avait des promenades, des salles d'improvisalion, des lieux de prostitution de tous les genres; des jouissances accumulées offertes au peuple dans des dimensions tellement extraordinaires, que nous avons peine à les comprendre aujourdliui. Ces choses cependant étaient familières aux Romains.

Sous la république, il n'y avait aucun de ces établissements. C'étaient le forum, les affaires publi- (jues, la gloire et la puissance de Rome qui occupaient les esprits et absorbaient toutes les facultés. Quand la liberté croula, que les empereurs eurent intérêt à distraire le peuple romain des affaires publiques, ils créèrent ces lieux déplaisirs, qui devaient les occuper, les amollir et les corrompre. Le premier lut élevé sous Auguste, et Agrippa, son gendre, s en chargea. Le Panthéon fut destiné à en faire partie. L'opinion s'étant révoltée sur l'emploi destiné à un pareil monument, il fut converti en un Icinple à tous les dieux. Trajan construisit les premiers thermes dans ces vastes dimensions. Puis vinrent ceux de Caracalla, ensuite ceux de Dioclétien, qui furent les plus grands, et enfin ceux de Constantin, les derniers. On dit que les thermes découverts à Ostie présentent encore un spectacle plus extraordinaire par l'indication officielle de la corruption dont ils consacraient l'existence.

57t) MÉMOIRES DU DUC DE RAGUSE.

Nous fûmes visiter ensuite les jardins de Salluste, situés entre le Quirinal et le Pincio. Le palais de Salluste était placé dans le même lieu qu'occupe encore aujourd'hui une villa bâtie sur ses ruines. Un cirque était construit dans le vallon, et un temple à Vénus Ericina se trouvait à^son extrémité. Ce temple est encore d'une belle conservation, et, sauf les ornements dont il était revêtu et les marbres qui le décoraient, il est presque intact.

En rentrant, nous visitâmes l'église de la Victoire. Elle a été bâtie à l'occasion de la victoire de Lépante, par Paul V, qui Ta mise sous l'invocation de saint Paul. Elle est d'une grande richesse en matériaux, revêtue entièrement en marbre, et resremble à une des plus belles églises de Venise. En face du palais du Quirinal, nous nous arrêtâmes pour voir l'église de Saint-Isidore. L'architecture en est élégante. Ses dimensions sont égales à celles du plan horizontal d'un des piliers principaux de l'église de Saint-Pierre. On a peine à comprendre leur dimension en voyant ce rapprochement.

iNOTE SUK LE SYSTÈME DE MONNAIE EN USAGE DANS LA RÉPU- BLIQUE ROMAINE ET AVANT LES EMPEREURS.

Monnaie de cuivre. — Pièces de douze onces, appelées assi ; de six onces, appelées se/if.^; de quatre

onces, UT^peUes tri entes; de trois onces, quadi aides; de deux, sixantes; d'une, unssia.

Monnaies (Farfjent. — Denarium, dix assis; qninarium, cinq assis; sexcatarium, deux assis et demi. 11 n'y avait pas de pièces d'or.

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