‹ Mémoires du Maréchal Marmont, duc de Raguse de 1792 à 1841, imprimés sur le manuscrit original de l'auteurChapitre 24 sur 156 · IX · texte numérisé non relu

IX

î,0 MÉMOIRES DU DUC DE RAGUSE.

îi la Haute-Autriche, car on y trouve léunis les avantages qui. ailleurs, sont presque toujours séparés. Un pays pittoresque est ordinairement pauvre; un pays riche est monotone. Ici les plus beaux accidents d'une nature variée offrent aux yeux de magnifiques paysages, et partout on voit des prai ries, de la verdure, de la richesse. Aucun paysan en Europe ne saurait être comparé à ceux de cette contrée. Un village ne s'y compose pas d'un amas de vilaines maisons, mais d'un territoire où les habitations des cultivateurs sont éparses dans la campagne et placées sur la terre même que les propriétaires cultivent. Souvent une de ces maisons a douze croisées de façade ; quarante ou cinquante iirpents de terre admirablement cultivés l'environnent, et une palissade, qui forme un enclos de ce domaine, la sépare de la campagne environnante. Souvent le sol est mauvais; mais, à force d'engrais et de soins, on obtient des récoltes magnifiques. Jai vu, à cet égard, des prodiges incroyal)les. Enhn il y a tel simple paysan qui a un revenu de deux mille llorins, indépendamment de la consommation en nature nécessaire à l'entretien de sa famille.

En opposition de ce tableau, on est frappé du degré d'abaissement où est tombée la grandeur déchue des seigneurs. De très-belles habitations rap-

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