LIVRE X\V. — 1853- I85S
une très-grande distance par un tube de six pouces de diamètre. Quatre pompes réunissent leur action, et l'eau cède à une pression de sept atmosphères. >ous sommes descendus ensuite dans les galeries où se fait Texploitation. Il y en a cinq, placées les unes au-dessous des autres. Des pompes amènent au-dessus de la galerie d'écoulement les eaux de la partie la plus basse, et, du point d'où elles retombent sur le moteur, elles contribuent à le faire marcher au moyen d'un supplément de forces et d'un courant intérieur, qui sert constamment à cet usage.
Le lendemain, j'allai voir une mine de la même espèce, mais qui renferme un appareil qui était nouveau pour moi, une turbine de la force de trois chevaux et demi. La chute qui la fait mouvoir est de trois pieds; la quantité d'eau est de huit cents pieds cubes par minute : dans ces conditions, une roue ordinaire ne donnerait qu'une force de deux chevaux. Cependant cette ingénieuse machine n'est utile que 4'ins des circonstances données. Avec une très-grande chute et peu d'eau, ou avec très-peu de chute et beaucoup d'eau, elle est avantageuse; mais, avec des éléments de moyenne force, les roues ordinaires donnent des produits plus grands. Cette turbine niellait en mouvement une machine soufflante de nouvelle invention, et composée d'un
cylindre en fer battu de neuf pieds de diamètre. Une vis d'Archimède inclinée sous un angle déterminé, et le gros bout en bas, est enfoncée aux deuxtiers de son diamètre dans l'eau, et celle-ci, poussant l'air qui entre à chaque tour, produit un courant régulier avec une pression de trente pouces d'eau.
Je fis à Freyberg une rencontre agréable : j'y trouvai un célèbre voyageur. Russe de naissance, M. Tchikatchoff, qui a parcouru deux fois l'Amérique dans sa longueur, en passant plusieurs fois du versant de l'Atlantique dans celui de la mer Pacifique, et réciproquement. 11 se disposait à continuer ses explorations et avait passé l'hiver à Berlin, occupé à compléter son instruction pour rendre ses observations plus utiles. Il comptait se mettre en route l'année suivante pour le Caucase, et de là sur le plateau de la Tartarie, enfin gravir les pics les plus élevés de la chaîne du Thibet, voyage que M. de Humboldt avait rêvé, auquel il s'était pendant longtemps préparé, mais qu'il n'a pu exécuter et que l'intérêt des sciences réclame encore aujourd'hui.
Je quittai Dresde le 20 août, pour revenir en Bohême et visiter le nord de cette province en rentrant par Zittau. Je devais ainsi passer à Bautzen et revoir nos champs de bataille des 21 et 22 mai