LIVRE XXV. — I8ôb-i8ô
en faciliter le parcours aux curieux et aux voyageurs. Le reste du chemin et le retour de Dresde s'effectuent par la vallée de l'Elbe. On passe à Pilnitz, et en peu d'heures on est de retour à Dresde, en traversant Neustadt.
Le lendemain de mon retour à Dresde, je me rendis à Freyberg, muni d'une lettre de M. de Reschard, ministre du roi, pour M. de Yisleben, directeur. Celui-ci chargea M. Reich, professeur de physique, homme très-distingué et d'une grande complaisance, de me faire voir tout ce qui pouvait m'intéresser. L'École de Freyberg est célèbre dans toute l'Europe. Soixante élèves, dont le plus grand nombre vient de l'étranger, en suivent l'enseignement. EUeaforméplusieurs minéralogistes illustres.. i\I. Alexandre de Humboldt en est sorti. Je visitai la collection complète des minéraux que l'École possède, et j'allai voir ensuite l'usine consacrée à l'amalgame qui se fait de la manière la plus avantageuse et la plus parfaite.
L'opération s'exécute ainsi : les minerais réunis sont cassés en petits morceaux. Après avoir eu soin de mêler les plus riches avec les plus pauvres pour avoir des produits uniformes, on les place dans des fourneaux à griller, en les mélangeant avec dix pour cent de sel commun. On les remue constamment, et on les soumet, pendant un temps déter-
minéj à l'action d'un feu vif. Les parties sulfureuses du minerai brûlent, et il se forme du sulfate de soude et du chlorure d'argent. Refroidi et le minerai grillé, on le porte au moulin pour le réduire en poudre impalpable. On place cent livres de ce minerai dans le fourneau, et, en y ajoutant cinq livres de plomb, il se forme un métal binaire, plomb et argent. Il y a saturation quand six onces dargent sont renfermées dans trente-deux onces de plomb fondu. Cette opération se renouvelle sur les scories qui renferment encore de l'argent, et elles sont mises dans le fourneau pour enrichir le minerai. On fait ensuite de l'oxyde de plomb, et on retire au fur et à mesure la peau qui se forme à la surface des métaux en fusion dans les chaudières. On accélère cette oxydation au moyen de soufflets dont le vent est dirigé sur la surface. Le plomb ainsi enlevé, l'argent reste au fond; mais, à la première fois, il n'est pas pur, et l'opération est recommencée sur des quantités moindres.
Le produit annuel des mines de Freyberg est de dix mille quintaux de plomb et de soixante mille marcs d'argent. Cinq mille ouvriers mâles vivent du produit de ce travail. Les mines appartiennent à divers particuliers, et la propriété est divisée en actions. 11 y a dans cette usine une pompe à incendie d'une force extraordinaire. Elle lance l'eau à