‹ Mémoires du Maréchal Marmont, duc de Raguse de 1792 à 1841, imprimés sur le manuscrit original de l'auteurChapitre 47 sur 156 · LIVRE XXV. — I8ô5-i8ù · texte numérisé non relu

LIVRE XXV. — I8ô5-i8ù

En divisant les courants, on n'en a plus assez Itour produire un effet satisfaisant: et je conclus que l'on doit réussir parfaitement avec un fourneau de petite dimension, en établissant la totalité des courants de haut en bas; et pour cela voici les constructions que j'exécuterais.

Je construirais un fourneau avec une tour de quinze à dix-huit pieds, dans la forme consacrée par l'usage, avec un creuset carré de vingt pouces, de côté. Je fermerais le gueulard au moyen d'un chapeau mobile qui s'ouvrirait pour placer les charges; je ferais construire une douzaine de tuyères à quatre pieds au-dessous du gueulard, autour du fourneau, et je donnerais seulement quatre pouces carrés d'ouverture aux orifices intérieurs; enfin j'ouvrirais le creuset d'un côté jusqu'à un pied ou quinze pouces de hauteur à partir de la pierre du fond, et je mettrais à la suite un four h peu près semblable aux fours à réchauffer, avec un lloux de six pouces en hauteur et après une cheminée de rappel de dix-huit pouces d'ouverture placée presque horizontalement, de manière à pouvoir y placer aussi un four à puddlerqui prendrait les flammes pour les rendre à la cheminée^ ou les y laisserait passer extérieurement, selon le besoin.

Je ne doute pas un moment d'un succès complet^

car tous les inconvénients remarqués seraient prévenus. Ce four à la suite, à voûte surbaissée, serait fermé par une dame et deviendrait le véritable creuset, et une porte serait disposée pour faire la coulée. Toute la chaleur et les gaz du fourneau seraient employés : 1° à réduire le minerai et à le fondre ; 2° à échauffer le creuset, qu'ils traverseraient en totalité. Aucun engorgement ne serait plus à craindre.

Pendant mes expériences, je dirigeai les flammes du fourneau par le four à puddler et j'essayai le puddlage, qui réussit parfaitement bien. Ce succès fit grande sensation parmi tous les industriels occupés de métallurgie.

Je pensais qu'ayant pris un privilège pour l'emploi des flammes perdues je trouverais dans cette invention un grand dédommagement de l'échec que j'avais éprouvé ; mais il en fut tout autrement, et l'on me disputa le mérite d'avoir eu le premier cette idée en Autriche et d'en avoir fait Tapplication. Je n'avais apporté aucun mystère dans mes travaux, et moins auprès des employés du gouvernement qu'envers aucun autre, puisque c'était dans une usine "impériale et avec l'appui de l'administration que j'opérais; mais l'idée d'appliquer les tlammes perdues des hauts fourneaux à puddler avait frappé le directeur de Mariazell, un sieur Lait,

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