‹ Mémoires du Maréchal Marmont, duc de Raguse de 1792 à 1841, imprimés sur le manuscrit original de l'auteurChapitre 54 sur 156 · LIVRE XXVI. — 1839-IS4I · texte numérisé non relu

LIVRE XXVI. — 1839-IS4I

appréciés que lorsqu'ils sont annoncés par une voix, impartiale et digne de toute croyance.

«Éviter une complication entre les puissances de l'Europe pour la question d'Orient est le but qui a guidé le vice-roi, lorsqu'il a déclaré tout récemment à leurs consuls généraux ici, qu'il se contenterait de voir assurée la succession de sa famille. Il a toute confiance que sa demande modérée sei;i comprise, et que, revenant à des opinions plus favorables, les cours de l'Europe accorderont à l'Égypic une existence positive en récompense des immenses travaux du vice-roi pour le bonheur du pays. En attendant, le tribut partira pourt'onstantinople,, le 17 courant, avec le paquebot-poste français.

« Enfin Son Altesse le vice-roi espère, monsieur le maréchal, que l'intérêt que vous lui portez ne sera pas entièrement passif, et qu'au fait des opinions particulières émises à Tœplitz par d'augustes souverains vous aurez l'extrême bonté de lui faire connaître les modifications qu'elles pourront avoir subi, éclairant Son Altesse sur la marche à suivre dans sa position précaire, désormais insoutenable.

« La présente lettre est expédiée à mon frère, M. Pietro Joussoufde Trieste, qui a ordre de la faire parvenir entre vos mains par une personne de toute confiance, partant pour Vienne dans ce seul but.

lit) MI'MOIRES DU DUC DE RAGUSE.

Elle sera à votre disposition, monsieur le maréchal, pour le cas où vous jugeriez devoir la charger d'une réponse. Ce moyen m'a paru le plus convenable pour la sûreté des dépêches, vous certifiant, de mon côté, que vous n'aurez à craindre aucune indiscrétion de notre part sur vos communications ou conseils, de quelque nature qu'ils puissent être. c( Après avoir exécuté dans ce qui précède les ordres de mon maître bien-aimé, permettez-moi, monsieur le maréchal, de vous présenter l'hommage du profond respect et de l'admiration avec lesquels j'ai l'honneur d'être votre très-humble et très-obéissant serviteur,

« BoGiios-JoussouF. »

Cette lettre, rédigée avec soin, raisonnable et motivée sur des faits incontestables, provoquait, dans Tintérêt du maintien de la paix, le concours des puissances pour fixer un ordre de choses régulier qui assurât l'avenir. Les vœux de Méhémet-Ali, fort légitimes, devaient convenir aux divers gouvernements, et je crus convenable d'en donner connaissance au prince de Metternich. Il en fut frappé et admit le principe qu'elle consacrait. Nous discutâmes ensemble quels étaient les avantages à accorder à Méhémet-Ali et sur lesquels les puissances pourraient s'accorder. Il n'hésita pas un moment

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