LIVRE XXV[. — CORRESPONDANCE
pour faciliter un arrangement convenable aux puissances qui se sont mises en avant pour une intervention que je m'abstiendrai de qualifier, mais dont il n'y avait certainement pas la moindre nécessité, a saisi cette occasion pour prouver qu'il continuait dans son système de modération, et a répondu verbalement à M. le consul général de France, et que, relativement à Adana, il consentait à renoncer, pour lui et les siens, à l'hérédité de ce pays et du territoire jusqu'à Lama nos, à condition que le gouvernement en serait confié par la Porte à un de ses enfants, « qui n'hériterait pas du « gouvernement d'Egypte, Syrie et Arabie; que (la « possession devenant continue et non temporaire) « il s'en remettait à la médiation du gouvernement « français pour l'indemnité qu'il jugerait nécessaire « d'accorder à la Porte en sus de ce qu'on paye pour c( ce district.
« Que, relativement à l'Ile de Candie, Son Altesse «. consentait à ce qu'elle fût rendue à la Porte après « sa mort. »
c< Vous jugerez, certes, monsieur le maréchal, que ces concessions sont très-importantes dans l'état de la cause du vice-roi et dans sa position avec la nation musulmane. Il fait la volonté des autres relativement à Candie; mais il ne peut livrer les clefs du Taiirus ;'i d'autres qu'à un des siens, et s'y résigne
dès aujourd'hui, pour éviter un complot quelconque dans une époque plus éloignée, parce qu'il vise à consolider ses institutions de son vivant, afin qu'elles soient durables.
« Khosrew-Pacha, bien qu'il en inspire aujourd'hui par son hypocrisie, fille de la peur, ne sera jamais homme à travailler pour sa nation. Elle a tout à craindre de lui et de ses créatures; s'il a gardé le masque, c'est qu'il y était contraint par l'opposition franche de Méhémet-Ali. Aujourd'hui que les puissances européennes sanctionnent l'arrangement de lÉgypte avec la Porte, qu'on n'a plus à traiter simplement avec un grand vizir de mauvaise foi, on n'insiste plus sur sa démission comme nécessaire; et, privé de cet intérêt, Khosrew-Pacha ne peut durer longtemps.
c( L'opinion européenne n'a pas encore rendu justice entière au capitan-pacha, qui, pour prévenir une guerre désastreuse et fatale à sa nation, divisée en deux camps, n'a pas voulu se ranger avec sa flotte sous les ordres de Khosrew-Pacha. L'opinion du capitan-pacha était partagée par tous les officiers de navire qui l'ont suivi; il n'a point forcé ceux qui étaient dans d'autres sentiments et sont rentrés à Constantinople; il n'a point conduit sa flotte à un ennemi, ne l'a pas employée contre son souverain. 11 a accéléré par sa venue ici la solution