‹ Mémoires du prince Pierre DolgoroukowChapitre 5 sur 37 · IS · texte numérisé non relu

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le lilre 4e oomie du sunt-empire pour ses dent frères. Boatourline vint derechef piearmcher en présenee de rimpératrice an snjel de son dé- Yoaem^it méeonnu, et il fat créé comte russe. En aatomne de la même année, il poussa i'oatrecaidance jusqu'à solliciter le commandement en efaef de Tarmée msse qui combattait contre Frédéric H; il Tobtint, et le joor où il prenait congé du jeune grand-^uc Paul, âgé de six ans, et rempli d'esprit, Tenfant, après Tavoir quitté, dit à son entourage : «le » marédial Saltykow était parti dans l'intention de faire la paix, et il > n'a point su s'y prendre, mais le maréchal Boutourline, lui, ne saura » faire ni la paix, ni la guerre 1 » — Effectivement, il fit preuve d'une leiie incapacité, que le maréchal Laudon, commandant l'armée d'Autriche, alliée à la Russie, disait : < c'est une rude besogne que de faire »la guerre au roi de Prusse : il a pour se défendre, et son génie, et » l'ineptie du maréchal Boutourlinel »

Pierre III, monté sur le tréne, s'empressa de faire la paix avec Frédéric D, et nomma Boutourline gouverneur-général de Moscou. — Catherine lui accorda une démission qu'il n'avait jamais sollicitée, mais fidèle à son système d'ravelopper la disgrâce de formes bienveillantes, elle envoya une épée garnie de diamans à ce militaire qui n'avaût jamais su e» faire aucun usage, et une lettre-patente (rpanora)) où se trouvaient toumérés, avec éloges, les soi-disans services par lui rendus à rétat, par lui, qui n'en avait jamais rendu un seul! — Il aurait été eurieux de pouvoir lire cette lettre-patente, vrai modèle de blague officielle! Le maréchal Boutourline, dont la brillante carrière est une preuve de plus de ce que peuvent, en Russie, l'intrigue et la finesse unies à la nullité la plus complète, mourut en 1767, à l'âge de 73 ans, laissant une fortune très-considérable. Il avait eu, de son second mariage, deux filles et un fils, souche des comtes Boutouriine actuels.

L'(mcie du maréchal, Pierre Ivanovitch, fut créé boyar dans les dernières années du dix-huitième siècle par Pierre P', lequel l'avait pris en affection à cause du penchant de Boutourline pour l'ivrognerie et de sa capacité à boire énormément de vin. Pierre l"' avait, on le sait, organisé une corporation entière, composée des plus grands ivrognes de son pays; dans cette réunion l'envoyait siéger ensemble: le caar, des princes, des boyars, un ecclésiastique (le prêtre Nadarjinski, eonfesseur du ezar), des bourgeois et même des domestiques. Cette assemblée, qui, pour le public, portait le titre de « conclave > et dont le nom véritable était «le concile étranger à toute tristesse» (ôesne- HajfcHui co6opi>>, se réunissait à des jours fixés par le ezar, et se livrait à des orgies bachiques, lesquelles se prolongeaient parfois durant trois fois 24 heures, en séance permanente de jour et de nuit Ceux qui tombaient ivres sur le plancher avaient le droit de dormir pendant une couple d'heures; ensuite on leur versait un ou deux seaux d'eau sur la télé et ils étaient tenus de recommencer à boire. A Noèl, toute

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