‹ Mémoires écrits par lui-mêmeChapitre 17 sur 19 · DE L ANTIQUE SAGESSE · texte numérisé non relu

DE L ANTIQUE SAGESSE

est dans la génération des animaux , la première partie qui apparaisse et qu'on voie battre , et dans la mort, la dernière qu'abandonnent la chaleur et le mouvement? Est-ce parce que c'est dans le cœur qu'est la plus ardente flamme de la vie? est-ce parce que dans l'évanouissement, défaillance du coeur que nous appelons en italien svenimento di cuore , ils voyaient se supendre non-seulement le mouvement des nerfs, mais encore celui du sang, et disaient du malade aniino deficere et animo maie habero? et qu'ils plaçaient dans le cœur le principe de l'anima ou de la vie, et aussi celui de Vaninitis ou de la raison? est-ce parce que le sage est celui qui pense le vrai et veut la justice, qu'ils placèrent dans les affections Vanhnus, et dans Vani/nus le «lens, l'intelligence, mens animi? Certainement les deux foyers de toutes les émotions violentes de l'ame , ou des affections , sont l'appétit concupiscible et l'appétit irascible ; et le sang parait être le véhicule du premier, et la bile celui du second ; l'un et l'autre de ces liquides ont leur siège principal dans les viscères. Ils pensaient donc que le mens. dépend de Vaninius, parce que chacun pense selon qu'il est bien ou mal animatus ; car les senlimens diffèrent sur des sujets identiques selon la diversité des dispositions. Aussi, se dépouiller de ses passions, c'est une préparation plus sûre encore pour la méditation du vrai , que de se dépouiller de ses préjugés; car vous ne détruirez jamais les préjugés tant que la passion restera ; mais si la passion est

DE L ITALIE

éleinle , le masque que nous avions mis sur les objets tombe de lui môme, et les choses restent ce qu'elles sont.

§ III. — Formules sceptiques du droit romain.

Lorsque les Romains énonçaient leur sentence dans ces termes, il semble, il paraît (videri , parère) et prononçaient les sermens sous la formule ex animi sui sententia, voulaient-ils faire entendre qu'ils ne pensaient pas que personne pût s'affranchir entièrement de toute espèce de passion, et n'employaientils pas ces formules scrupuleuses dans leursjugemens et leurs sermens , de peur que , si les choses étaient autrement, ils ne se trouvassent parjures?

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