PREMIERE PARTIE. — CHAPITRE IV
leur à ses regards? A chaque instant les pleurs me suffoquent, et il faut me contraindre, il faut même supporter toutes les froides plaisanteries dont on m'accable au sujet de ton départ. Je viens m'en dédommager auprès de toi. Hier, pendant toute la promenade, j'ai tenu ton présent entre mes mains; présent précieux et cher à mon cœur! En vérité, il y a dans cette boîte je ne sais quoi qui parle à l'àme. Combien je me trouverois heureuse d'avoir ton véritable portrait! Oh! je l'aurai.
A peine ai-je pu causer aujourd'hui avec mademoiselle d'Ette : c'est cependant la seule personne à qui je puisse me permettre de parler de toi. M. Rousseau nous a promis de venir demain. Vous n'imaginez pas combien j'ai trouvé de douceur avec lui. Il vous aime; il a votre estime et votre amitié ; sa présence m'aidera à supporter mon ennui ; il paroît se plaire avec moi ; je me promets bien de lui faire répéter souvent tout ce qu'il m'a dit de vous. Ah! cher Francueil, donne-moi de tes nouvelles; je voudrois, tu vas me croire folle, je voudrois avoir le plan de ta chambre, de la maison que tu habites, de tous les endroits où lu peux te trouver sans moi. Tu vois, par ce souhait, que je ne veux pas être un seul moment sans penser à toi.