PREMIERE PARTIE. —CHAPITRE I
Madame de Maupeou la blâma, et poussa même ses railleries si loin, que ma pupille ne put se dispenser de lui confier le véritable motif de sa retraite; elle ne l'en approuva pas davantage. « Vous êtes bien sotte, lui dit-elle; est-ce pour rester dans la misère que vous avez épousé un homme de fortune? Qu'est-ce que c'est que cette aisance dont on nous berce, si nous nous laissons manquer des choses les plus nécessaires? Nos maris sont obligés de payer nos dettes, et notre honnêteté là-dessus doit se borner à n'en pas contracter d'inutiles, ni de trop outrées. A votre place je ne me refuserois aucune dépense nécessaire et convenable à mon état. » Madame d'Épinay lui représenta qu'en agissant ainsi, ses dettes viendroient nécessairement à la connoissance de son beaupère, qui croiroit qu'elle a autaiit de goût pour la dépense que son mari. « Eh bien! reprit la cousine, restez dans la misère, mais au muins dissipez-vous et ae ¥0U8 enterrez pas toute vivo. »