PUEMIERE PARTIE. — CHAPITRE II
I avois jamais vu; madame Darty, qui le connoissoit beaucoup, nous iiistruisoit de ce qu'il falloit dire. Il a gardé ma tabatière pour avoir une occasion, dit-il, de me faire sa cour, et de se présenter chez moi.
Lorsque je rentrai, M. d'Épinay étoit couché et dormoit. Ce matin je ne l'ai point vu, et après le dîner il est venu dans mon appartement. « Encore au lit, s'est-il écrié; voilà une jolie vie. Cette madame Darty vous tuera. — Non, non, ce ne sera pas elle. — Non! et qui donc? » Je ne répondis point; et il alla aussitôt à mon clavecin, en chantonnant. Cette idée de musique lui vint si subitement, qu'il étoit clair qu'il redoutoit une explication ; moi, qui la voulois, je pris un livre pendant qu'il jouoit, pour le rassurer et le laisser revenir près de moi. En eflet, il revint, et s'assit même sur le pied de mon lit. « Eh bien! monsieur, lui dis-je alors, cette lettre de l'autre jour étoit donc de madame Darty? — Sans doute; et de qui donc, s'il vous plaît? — Ah I de je ne sais qui ; mais sûrement elle n'étoit pas d'elle. — Fort bien, ma-
risque d'Olie roué de coups de bâton par les ordres d'un vieux banquier juir de IIoU inde qui s'en prétendait possesseur. Toutes ces histoires donnaient et donneraient peut-être encore de la réputation.
Il n'a guère travaillé qu'avec Rebel. On a de lui deux opéras : Pyrame et TItisbé {\li6), et Tarsis et Zélie 11728), et divers ballets et divertissements du même genre mvtliologique ou allégorique, suivant le goût de répi>que. Son neveu Louis-Joseph, né en 1738, misa l'orchestre en 1752, devint maître de musique du tliéàtre en 17C7, et c'est de son temps que date l'amôlioiation de la musique instrumentale de 1 Opéra. Lui-même composa en 177Gun opéra intitulé Isinène et Liiidor. On raLonlf qu'assez agi' il épousa une femme qu'il ne connaissait pas quinze jours auparavant, qui était laide, mais dont le vent avait soulevé la jupe devant lui. L'autre Fnmcpur, à 80 ans, se fit lailler de la pierre avec succès. Le matliéniaticien Francœur, qui a laissé une Uranofjrapliif assez bien laite, était le fils de l.ouis-Joscph Wdliem; et le créateur de Vûrpltcon el l'ami de B'r.mgcr, élut son cousin,
Rebel mourut en 1725.
dame; c'est répondre comme le mérite la bêtise que j'ai de vouloir rassurer une tète folle qui se tourmente le jour des rêves de la nuit. — Vous avez vu par mon attendrissement combien il m'en coûtoit de vous croire coupable; mais il est indigne à vous d'abuser de ma crédulité. — Eh! que venez-vous me chanter ici? Comment, ce sera tous les jours des scènes nouvelles ! Je vous ai dit et je vous ai prouvé que celte lettre étoit de madame Darty. — Et moi je vous prouve, monsieur, qu'elle n'étoit pas d'elle; car elle m'a dit très-précisément que son laquais ne m'avoit pas trouvée, et que j'étois déjà partie. — Ah! cela est excellent, ce domestique ne peut pas s'être trompé. Puisque nous vous croyions partie, il peut bien l'avoir cru. — Non, car si c'eût été lui qui étoit dans votre antichambre, il m'auroit vu remonter; et puis le commissionnaire qui attendoit votre réponse étoit un décrotteur, et celui de madame Darty étoit son laquais. — Son laquais! Oh! pour cela, il en a menti, ou il a donné sa commission à faire à un décrotteur, puisque je l'ai vu en sortant, et qu'il m'a remis la lettre à moi-même. — Mais s'il vous a remis la lettre lorsque vous êtes sorti, ce n'est donc pas celle que vous lisiez dans votre lit. — Eh quoi ! de pareilles fadaises occupent une place immense dans, la tête des femmes, et n'entrent pas seulement dans la nôtre. Puisqu'il en est ainsi, je ne vous dirai, pardieu! plus un mot de rien de tout ce que je ferai ; arrangezvous là-dessus, madame ; adieu. » Et il sortit. Ah! mon tuteur, que faire, et que deviendrai je? Direz-vous encore que c'est la vanité?