‹ Mémoires, Éd. nouv. et complète avec des additions, des notes et des éclaircissements inéditsChapitre 92 sur 260 · LETTRE DE M. DE FRANCUEIL A MADAME D'EPIXAY · texte numérisé non relu

LETTRE DE M. DE FRANCUEIL A MADAME D'EPIXAY

Si VOUS concevez l'excès de mon amour, ma chèro Emilie, vous concevrez sans peine le désespoir où je suis de ne pouvoir aller passer la soirée avec vous. Je suis malade; et il faut que je le sois beaucoup pour être contraint de renoncer au bonheur de vous voir. Je suis malade, oui; mais ce n'est rien. Ne soyez pas étonnée. J'ai un mal de gorge assez violent pour m'obliger de rester au lit : demain j'irai, je l'espère, vous voir. Adieu, mon adorable amie, mon Emilie; plaignez-moi d'être loin de vous, malgré... Soyez toujours à moi. Oui, aimez, aimez tant que vous pourrez celui qui vous adorera jusqu'au dernier moment de sa vie.

RÉPONSE DE MADAME d'ÉI'INAY A M. DE FRANCUEIL.

Quoi ! vous êtes malade, mon cher Francuei!, et je ne puis vous voir, vous veiller, vous garder? que vais-je devenir? dans quelle inquiétude votre lettre m'a jetée!... Je l'ai trouvée en arrivant; je n'ose vous envoyer ce que j'ai écrit. Ce mal de gorge me met au désespoir : peutêtre, tandis que je vous écrit ceci, le mal augmente. Avez-vous un médecin ? quel est-il? songez que ce sont des maux auxquels il faut remédier promptemeat. Si cependant... Cela n'est pas possible. Quelque chose qui en arrive, je vous envoie la copie de mon journal. Quel supplice! Votre lettre est singuhère ; que je vous plaigne malgré, mais malgré quoi? J'ignore ce que vous avez fait, ce que vous faites ; c'est bien assez de vivre loin de vous sans avoir encore à craindre pour votre santé. Que

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