Louis d’Armagnac
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RETRAITE DES NAPOLITAINS (février 1495) 93
Mons. de Rieux! estoit allé à ce pas de Cancelle contre les Arragonnois*, qui aussi l’abandonnèrent; et entra le roy audict Sainct-Germain. Le roy Ferrand tira droit à Capoua, où refusèrent ? l'entrée à ses gens d'armes, mais ilz laissèrent entrer sa personne avecques peu de gens. Il‘ n’y arresta point et leur pria teniré bon pour luy et que le lendemain reviendroit; et alla à Napples, doubtant ce qui advint, la rebellion 2. Tous ses gens, ou la pluspart, le devoient attendre à Capoua ; mais, quant il revint le lendemain, il trouva tout parti ; et estoient alléz à Nolle3 le seigneur Virgille Orsin et son cousin le conte de Petillanne!, où ilz furent prins, et leurs gens, par les nostres. Ilz vouloient maintenir qu'’ilz avoient saufconduit et qu’on leur faisoir tort ; et estoit vray, mais il n’estoit point encores entre leurs mains5. Toutesfoiz ilz ne paièrent riens, mais ilz eurent grant perte et leur feüt faict tort.
[2.] De ce qui advint cependant en plusieurs contrées dudict royaume de Naples et par quelles villes il passa jusques à ladicte ville de Napples. — De Sainct-Germain alla le roy à
a. contre les Aragonnois omis par P et éd. princeps ; ces mots se trouvent dans l'éd. Sauvage et l’éd. Dupont : ils sont nécessaires au sens. — b. ilz luy refusèrent éd. Dupont. — c. Mais il éd. Dupont. — d. de tenir éd. Dupont.
1. Jean de Rieux, maréchal de Bretagne, passé au service de Charles VIII, dont il avait négocié le mariage avec la duchesse Anne.
2. Entendez : redoutant ce qui advint réellement, à savoir une rebellion. — Ferrand II ne put obtenir, en effet, de faire entrer ses troupes à Capoue. Les habitants les jugeaient insuffisantes. Il promit de revenir avec des forces supérieures ; maïs, quand il revint, les Capouans refusèrent de le recevoir.