‹ Mémoires édités (volume 2)Chapitre 135 sur 429 · LES PROJETS SUR L'ORIENT · texte numérisé non relu

LES PROJETS SUR L'ORIENT

sonné), qui estoit l’homme du monde que le Turc craignoit le plus!.

Et tant de milliers de chrestiens estoient prestz à se rebeller, que nul ne le sauroit penser. Car d’Ottrante jusques à la Valonne? n’y a que soixante mil, et de la Valonne en Constantinoble y a environ dix huit journées de marchant per terre“, comme me comptoient ceulx qui souvent font le chemin ; et n’y a nulles places fortes entre deux, au moins que deux ou trois; le reste est abatu. Et tous ces païs sont Albanoys, Esclavons et Grecz et fort peuplés, qui sentoient des nouvelles du roy par leurs amys, qui estoient à Venise et en Pouille, à qui aussi ilz escripvoient, et n’attendoient que ce Messias? pour se rebeller.

Et y fut envoyé ung arcevesque de Duras (de par le roy), qui est° Albanoys3; mais il parla à tant de gens que merveilles, prestsd à tourner, qui sont enffens et nepveux de plusieurs seigneurs et gens de bien de ces marches, comme de Scandelbec*{, ung filz de l’empereur de Constantinoble propreÿ, des nepveux du seigneur Constantin, qui de present

a. de marchans avec omission de par terre éd. Dupont. — b. que Messias éd. princeps ; que messages éd. Sauvage, éd. Lenglet et éd. Dupont. — c. estoit éd. Dupont. — d. prest P. — e. Scandelber éd. Dupont.

1. Cf. ci-dessus, p. 89. Sur la mort de ce personnage au « Castello di Capoana », le 25 février, voir Thuasne, Djem-sultan, p.363 et suiv. On fit courir le bruit que le poison des Borgia, la « poudre blanche », avait agi et que le prince turc avait été livré par le pape déjà empoisonné : Commynes se fait simplement l’écho de cette rumeur.

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