LA POLITIQUE VÉNITIENNE
tiennent® leurs gallées et font toutes choses qui sont necessaires pour l’armée de la mer, qui est la plus belle chouse qui soit en tout le demourant du monde au jour d’uy ; mais autres foiz il a esté et est? la myeulx ordonnée pour ce cas.
[3. Jugement sur le gouvernement vénitien.] — En effect, je y sejournay huyt moys!, deffrayé de toutes chouses, et tous aultres ambassadeurs qui estoient là. Et vous diz bien que je les ay congneüs si saiges et tant enclins à croistre® leur Seigneurie, que, s’il n’y est pourveü tost, que tous leurs voisins en maudiront l'heure. Car ilz ont plus entendu la façon de leur deffendre et garder, en la saison que le roy y a esté et depuis, que jamais ; car encores sont en guerre avecques luy, et si [se] sont bien oséz eslargir, comme d’avoir prins en Pouille sept ou huyt citéz en gaige?, mais je ne sçay quant ilz les rendront. Et quant le roy vint en Ytalie, ilz ne pouvoient croyre qu'on prist ainsi les places ne en si poy de temps, car ce n’est point leur façon; et ont faict et font mainte place forte depuis, et eulx et aultres, en Ytalie.
I1z ne sont point pour se acroistre en haste:, comme firent les Romains; car leurs personnes ne sont point de telles vertus ; et si ne va nul d’entre eulx à la guerre de terre ferme, comme faisoient les Romains, si ne sont leurs providateurs et
a. esquipent éd. Sauvage. — b. et est n'est que dans P, suivi par B. de Mandrot. — c. d’accroistre éd. Dupont. — d. C'est la leçon de P, que B. de Mandrot corrige en de eux ; l’éd. Dupont porte d'eux : même sens dans tous les cas. — e. ce accroistre en saste P, que B. de Mandrot corrige en se accroistre en faste ; nous adoptons la leçon des éditions antérieures, qui doivent représenter ici le vrai texte.
pont au t. II de son édition, p. 408, n. 3. On peut en rapprocher le Traité du gouvernement de Venise, dans Perret, Histoire des relations de la France avec Venise, t. II, p. 293.