Entendez : sans aller contre leur promesse
6. Il faut comprendre qu’un conseil fut tenu, en l’absence de
RÉCRIMINATIONS ET OFFRES DES VÉNITIENS (IO maïs) 121
puis, quant je revins, me dist le duc! que je ne devoye point croyre tout ce que l’on me disoit par la® ville, car chascun y estoit en liberté et pouvoit dire ce qu’il vouloit ; toutesfoiz qu'ilz n’avoient jamais pensé faire ligue contre le roy, ne jamais oÿ parler ; mais, au contraire, qu’ilz desiroient ? faire ligue entre le roy et ces aultres deux roys et toute l’Ytallie et qu’elle fust contre le Turc et que chascun porteroit sa part de la despence ; et, s’il y avoit aulcun en Ytallie qui ne voulsist‘ paier ce qui seroit advisé, que le roy et eulx l’y contraindroient par force. Et vouloient faire ung appoinctement que le roy print une somme d’argent content et que eulx l’avanceroient et tiendroient des places en Pouille en gaige, comme ilz font à ceste heure ; et le royaulme seroité recongneü de luy du consentement du pape?, et paié* certaine somme de deniers l’an et que le roy y tiendroit trois places. Et pleüst à Dieu que le roy y eust voulu entendre lorsë,.
Je diz n’oser entrer en cest appoinctement, leur priant ne se haster point de conclure ceste ligue et que du tout advertirois le roy, leurs priant, comme avois faict aux aultres, me dire leurs doleances et qu’ilz ne les teüssent point, comme faisoient ceulx de Millan. Ilz se doulurent { des places que le
a. ladicte éd. Dupont. — b. disoient éd. Dupont. — c. aucuns en Italie qui ne voulsissent éd. Dupont. — d. soit P. — e.et par éd. Dupont.
Commynes, pour délibérer sur la réponse qu’il convenait de lui faire.
1. La réponse faite à Commynes est analysée par Sanudo, La spedizione di Carlo VIII, p. 271.
2. C'est-à-dire que Charles VIII aurait la suzeraineté de Naples avec le consentement du pape.
3. C'est-à-dire : eût tenu compte des avertissements qui lui venaient de Commynes. Dès la mi-mars, Sanudo, La spedizione di Carlo VIII, p. 263, fait dire par Briçonnet à Pol Trevisan, agent vénitien auprès du roi de France, que ce prince a été averti par Commynes « qu’il est bruit au Rialto de cette ligue ».