‹ Mémoires édités (volume 2)Chapitre 161 sur 429 · Entendez : se plaignirent, firent doléances · texte numérisé non relu

Entendez : se plaignirent, firent doléances

122 RÉCRIMINATIONS ET OFFRES DES VÉNITIENS (10 mars)

roy tenoit du pape! et encores plus de celles qu'il tenoit des Florentins, et par especial de Pise, disant que le roy avoit mandé par escript en plusieurs lieux et à eulx qu’il ne vouloit en Ytallie que le royaume“ et aller contre le Turc et monstroit à ceste heure de vouloir prendre tout ce qu’il pourroit en Ytallie et ne demander riens au Turc. Et disoient encores que mons' d’Orleans, qui estoit demouré en Ast2, faisoit craincte au duc de Millan et que ses serviteurs disoient de grans menaces ; toutesfoiz qu'ilz ne feroient riens de nouveau que je eusse responce du roy ou que le temps de l'avoir ne fust passé3; et monstrèrent” plus d'honneur que le duc de Millan. De tout advertiz le roy 4 et euz mesgre responce. Et, dès lors, s’assembloient chascun jour, veü qu'ilz sçavoient que l’entreprise estoit descouverte.

En ce temps estoit le roy encores en‘ Florence ; et s’ileust trouvé resistance à Viterbe, comme ilz cuidoient, ilz eussent envoyé des gens, et à Rome encoresi, si le roy Ferrande fust

a. le royaume de Naples éd. Dupont. — b. et me monstroient éd. Dupont. — c. à éd. Dupont. — d. gens à Romme, et encores éd. Dupont.

1. Sur l'importance diplomatique de ce point en particulier aux yeux des « rois catholiques », cf. ci-dessus, p. 89, n. 3.

2. Louis d'Orléans était, en effet, toujours à Asti. Il protégeait la ligne des communications avec la France. Mais sa présence inquiétait d'autant plus Ludovic Sfaza que le duc d'Orléans avait toujours en réserve les droits sur Milan, qu'il tenait des Visconti.

3. Entendez : rien de nouveau avant que j’eusse réponse du roi ou que le temps nécessaire pour avoir cette réponse ne fût écoulé.

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