‹ Mémoires édités (volume 2)Chapitre 179 sur 429 · Le sens est : il emmena... (en quoi il eut tort · texte numérisé non relu

Le sens est : il emmena... (en quoi il eut tort

2. Sanudo (La spedizione di Carlo VIII, p. 266-267) rapporte les divers conseils donnés à Charles VIII quant à l'itinéraire à suivre. C'est l’action hispano-napolitaine s’exerçant au sud et les préparatifs des confédérés s’accumulant au nord qui déterminèrent le trajet effectivement suivi (Delaborde, L'expédition de Charles VIII,

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140 L'ITINÉRAIRE DE CHARLES VIII (1®r-3 juin 1495)

paiéz en tout !. Et y pouvoit avoir mil et cinq cens hommes de deffence, suyvant le train de la court comme serviteurs. Le conte de Petillanne, qui les avoit myeulx comptéz que moy, disoit que en tout en avoit neuf mil; et le me dist depuis nostre bataille, dont sera parlé. Le roy prist son chemin vers Rome?, dont le pape par avant vouloit partir, et venir à Padoue soubz le povoir des Venitiens ; et y fut son logis faict 3.

Depuis, le cueur leur vint, et y envoyèrent quelzques gens, et le duc de Millan y envoya®; et, combien qu'ilz y? fussent à temps, sy n’ousa attendre le pape, non obstant que le roy ne luy eust faict que tout honneur et service et luy avoit envoyé ambassadeurs pour le prier d'attendre 1 ; mais il se retira à Orviete et de là à Perouse et laissa des cardinaulx à Rome, qui recueillirent le roy, lequel n’y ar-

a. y en envoya aussi éd. Dupont. — b. qu'ilz ne P, leçon manifestement fautive.

1. Delaborde, op. cit., p. 605, estime à 12,600 hommes les forces emmenées par Charles VIII ; A. de Boislisle, Notice sur Étienne de Vesc, p. 129, croit que le roi avait avec lui 8 à 10,000 chevaux et 4 à 5,000 hommes de pied. Le corps d'occupation laissé dans le royaume de Naples serait de 11,700 hommes, d’après Delaborde, loc. cit. Les Vénitiens estimaient à 6,500 chevaux et 5,500 fantassins les forces françaises à Fornoue, comme on le verra un peu plus bas. #

2. S'engageant sur la route qu'il avait suivie à l'aller, Charles VIII quitta Naples le 29 mai 1495.

3. C’étaient les Vénitiens qui conseillaient à Alexandre VI de quitter Rome et de se réfugier sur leur territoire. Alexandre VI était, d’autre part, travaillé en sens contraire. Le 6 mai, le roi de France s’efforçait de rassurer le souverain pontife (Lettres de Charles VIII, éd. Pélicier, t. IV, p. 202. Cf. Ch. Samaran, Jean de Bilhières-Lagraulas, p. 147). En fait, le pape évacua Rome le 27 mai (Delaborde, op. cit., p. 611 et suiv.).

4. Samaran, loc. cit., donne toutes références utiles sur les tractations entre la cour de France et le Saint-Siège au sujet du retour du roi à Rome.

5. Entendez : qui reçurent le roi. Celui-ci fit son entrée dans Rome le 1°r juin et fut logé dans le palais du cardinal de Saint- Clément, au Borgo. Sur son entrée, cf. Sanudo, La spedizione di

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CHARLES VIII ET COMMYNES A SIENNE (juin 1495) 141

resta point! ; et ne fut faict desplaisir à nully®. Et m’escripvit aller ? à luy vers Senne, où je le trouvay?, et° me fist par sa bonté bon recueil et me demanda, en riant, si les Venitiens envoyeroient 4 au devant de luy ; car toute sa compaigaie estoient jeunes gens et ne croyoient point qu'ilz fussent ‘ nulz/ aultres gens qui portassent armes.

Je luy dis ce que la Seigneurie m'avoit dit au departir, devant ung de ses secretaires appellé Bourdin93, que eulx et le duc de Millan mectroient quarente mil hommes en ung champ, non point pour l’assaillir, mais pour se deffendre ; et que à part” me firent dire, le jour que je partis d'’eulx à Padoue, par l’ung de leurs providateurs #5, qui venoit contre nous, que leurs gens ne passeroient point une rivière près de Parme (et me semble qu’elle a nom Olief), qui est en leur terre, sinon qu’il assaillist le duc de Millan. Et prismes enseignes ensemble, ledit providateur/ et moy, de pouvoir

a. nul éd. Dupont. — b. de aller éd. Dupont. — c. où éd. Dupont. — d. envoyèrent P ; envoyoient éd. Dupont. Nous conservons la correction de B. de Mandrot (envoyeroient). — e. qu'il fust éd. Dupont. — f. nulz omis dans l'éd. Dupont. — g.Lourdin partout, sauf dans P, que suit B. de Mandrot. — h. que à part omis partout ailleurs que dans P, suivi par B. de Mandrot. — 1. provéditeurs corrigé en providateurs P. — j. provéditeur corrigé en providateur P.

Carlo VIII, p. 357 et suiv.; Pastor, Geschichte des Paepste, t. V, p. 351. A. de Boiïslisle, Notice sur Étienne de Vesc, p. 270-271, cite la chanson satirique que chantaient les Italiens pour ridiculiser Charles VIII.

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