‹ Mémoires édités (volume 2)Chapitre 187 sur 429 · RETOUR DE CHARLES VIII A PISE ET RELATIONS AVEC MILAN · texte numérisé non relu

RETOUR DE CHARLES VIII A PISE ET RELATIONS AVEC MILAN

[1.] Comment le roy retint en ses mains la ville de Pise et quelques aultres places des Florentins, pendant que Monsieur d'Orleans, d'ung aultre costé, entra dedans Novarre en la duché

a. en soy de garder ses gens éd. B. de Mandrot. Correction inutile. — b. requiert éd. Dupont. — c. diminueroit P et éd. Sauvage : l’adoulciroit éd. Dupont ; la donneroit éd. princeps. Ce qui n'aurait de sens que si l’on interprétait pardonnerait. — d. cedict éd. Dupont.

1. Entendez : délibérer en sa conscience d'empêcher certains de ses gens de faire du mal.

2. Savonarole avait déjà vu Charles VIII à Pise et à Signa (novembre 1494) ; mais il le revit à Poggibonsi le 18 juin 1495, et c’est l'épisode auquel fait allusion Commynes. Cf. Delaborde, L'expédition de Charles VIII en Italie, p. 619 et suiv.

3. Charles-Orland, né le 10 octobre 1492. Il sera parlé de sa mort ci-après, au chapitre xx.

CHARLES VIII À PISE (20-23 juin 1495) 147

de Millan. — Comme j’ay dict, le roy estoit entré à Pise!, et les Pisans, hommes et femmes, prioient à leurs hostes que pour Dieu tenissent® la main envers le roy qu’ilz ne fussent remys soubz la tirannye des Florentins?, qui, à la verité, les traictoient fort mal; mais ainssy sont maintes aultres citéz en Ytallie qui sont subjectes à aultres ; et puis Pise et Florence avoient esté trois cens ans ennemys, avant que Florentins la conquissent. Et ces parolles et larmes faisoient pitié à noz gens, et oublioient les promesses et sermens que le roy avoit faictzé sur l'autel Sainct-Jehan à Florence; et toutes sortes de gens s’en mesloient, jusques aux archiers et aux Suysses, et menaçoient ceulx qu'’ilz pensoient qui vouloient que le roy tint sa promesse, comme le cardinal dec Sainct-Malo (oÿz4 ung archer le menasser ; ailleurs l’ay appellé* general de Languedoc3). Aussi en y eut qui disrent grosses parolles au mareschal de Gié. Le president de Ganay fut plus de trois jours qu’il n’ousoit coucher à son logis. Et sur tous tenoit la main à cecy le conte de Ligny ; et venoient lesdits Pisans à grans pleurs devers le roy et faisoient pitié à chascun qui par raison les eust peü aider.

Ung après disner/ s’assemblèrent quarente ou cinquante gentilzhommes de sa maison, portans leurs haches au col, et le vindrent trouver en une chambre, jouant aux tables6

a. tinssent éd. Dupont. — b. faictz omis par P. — c. de omis dans l'éd. Dupont. — d. je ouys éd. Dupont. — e. que ailleurs j'ay appellé éd. Dupont. — f. Ung jour après disner éd. Dupont.

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