‹ Mémoires édités (volume 2)Chapitre 188 sur 429 · GARNISONS LAISSÉES PAR CHARLES VIII DANS LE NORD · texte numérisé non relu

GARNISONS LAISSÉES PAR CHARLES VIII DANS LE NORD

avecques mons' de Piennes et ung varlet de chambre ou deux, et plus n’estoient. Et porta la parolle ung des enffens de Sallezart l’aisné!, en faveur des Pisans, chargeant aulcuns de ceulx que je nomme ou tous, disant® qu’ilz le trahissoient ?. Bien vertueusement, les renvoya le roy; mais aultre chose n’en fut depuis.

Bien six ou sept jours? perdit le roy temps à Pise*; et puys mua la garnison et mist en la citadelle ung appellé Entragues, homme mal/ conditionné, serviteur du duc d’Orleans ; et luy dressa® ledit seigneur de Ligny. Et y fut laissé des gens de pied de Berry. Ledit Entragues fit tant qu'il eut encores entre ses mains Pietre Sancto*à, et croy qu'il en baïilla argent, et une aultre place auprès, appellée Mortron #i. Il en eut une aultre appellée Librefatoÿ près de Luques. Le chasteau de Seresannef, qui estoit très fort, fut mis par le moyen dudit conte de Ligny entre les mains d’ung bastard de monsr de Roussy’, serviteur dudit conte; ung aultre,

a.ettousdisoient éd. Dupont.— b.trahyroient éd. Dupont. —c.fut oncques depuis éd. Dupont. — d. son temps éd. Dupont. — e. la ville de Pise éd. Dupont. — f. bien mal éd. Dupont. — g. et le luy adressa éd. Dupont. —h. Petresaincte éd. Dupont. — 1. Mortion P.

1. Mlle Dupont, au t. II de son édition, p. 440, n. 4, suggère qu'il s’agit d’un fils de Louis de Salazar, dit Montaigne, fils lui-même du célèbre routier Jean de Salazar, surnommé le Grand. B. de Mandrot, au t. II de son édition, p. 244, n. 2, nomme plutôt un autre petit-fils du routier, François de Salazar. L’imprécision du texte de Commynes rend diffcile l'identification.

2. L'impatience de Commynes, anxieux de voir le roi hors d’Italie, lui fait ici encore (cf. plus haut, p. 144) exagérer la lenteur de la marche. Charles VIII séjourna à Pise du 20 au 23 juin. Delaborde, op. cit., p. 622, n. 4, reproche à Commynes de ne pas tenir compte au roi du temps nécessaire à l’expédition de ses affaires.

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