C'est-à-dire qu’on soupçonna l’eau d’être empoisonnée
170 DISPOSITIF DES DEUX ARMÉES (5 juillet 1495)
gens ; et se tint-l’on bien aise !. Et, en ce pas, fault parler à l'honneur des Ytaliens, car nous n’avons point trouvé qu’ilz ayent usé de nulles poisons ; et, s’ilz l’eussent voulu faire, à grand peyne s’en feust-on sceü garder en ce voyage.
Nous arrivasmes, comme avez oÿ, ung dimenche à mydi, et maint homfne de bien mangea® ung morceau de pain, là où le roy descendit et beüt ; et croy que guères autres vivres n’y avoit pour celle heure, veü qu’on n’ousoit encores manger de ceulx du lieu.
Incontinent après le disner, vindrent courir aulcuns estradiotz jusques dedans l'ost et firent une grand alarme ; et noz gens ne les” congnoissoient point encores2. Et toute l’armée * saillit aux champs en merveilleusement bon ordre et en trois batailles : avangarde, bataille et arrière-garde, et n’y avoit point ung gitc{ de boule d’une bataille à l’autre, et bien aiséement se fussent secouruz l’une l’autre. Ce ne fut riens, et on se retira au logis ; et tost en vint une aultre ou
a. y mangea éd. Dupont. — b. le P. — c. gect éd. Dupont.
1. Commynes veut dire que l’on fut bien aise de constater que ni vivres ni eau n'étaient de nature à faire courir le moindre danger.