C'est-à-dire : un jet
Go gle UNIVERSITY OF
DISPOSITIF DES DEUX ARMÉES (5 juillet 1495) 171
deux devant qu'il fust nuyt+. Nous avions des tantes et pavillons en petit nombre, et s’estendoit nostre logis en approuchant du leur ! : par quoy ne failloit que vingt stradiotz pour nous faire une alarme, et ilz ne bougeoient ? du bout de nostre logis, car il y avoit du boys et venoient à couvert.
Et estions en une vallée, entre deux petitz coustaulx, et en ladite vallée couroit une rivière que l’on passoit à gué’, sinon quant elle croissoit, en ce païs là qui est aiséement et toust4 et aussi ne dure guères*, et les appellent torrents/?. Toute ladite vallée estoit gravier et pierres grosses et mal aisée pour chevaulx ; et estoit ladite vallée d’envyron ung quart de lieue de large ; et en l’ung des coustaulx, qui estoit à main droicte?, estoient logéz noz ennemys et estions forcéz de passer viz-à-viz d’eulx, la rivière entre deulx, et povoit avoir demye lieue jusques à leur ost. Et y avoit bien ung aultre chemin à monter le coustau à gauche, car nous estions # logéz de leur costé ; mais il eust semblé que on se fust recullé.
a. et tost en vint une aultre ou deux, devant qu'il fust nuyt n'est que dans P, que suit B. de Mandrot. — b. bougèrent éd. Dupont ; bougoient P, suivi par B. de Mandrot. — c. bien à pied éd. Dupont. — d. qui en ce pays là est aiseement et tost éd. Dupont ; aisement et toust P, que suit B. de Mandrot. — e. et aussi elle ne dure guères éd. Dupont. — f. et l'appelle-t-on torrent éd. Sauvage et éd. Lenglet, qui proposent de lire Taro au lieu de torrent. Mais, dans la pensée de l’auteur, il n'y a pas ici de nom propre. — g. qui estoit celluy de la main droicte éd. Dupont.
1. Les Italiens avaient leur camp à Giarola (cf. ci-dessus, p. 162, n. 2). Les Français étendaient leur camp vers le leur, depuis Fornoue, et sur la rive droite du Taro.
2. C'est-à-dire : dans cette vallée courait une rivière, qu’on passait à gué, sauf aux époques de crues, lesquelles, dans ce pays, surviennent facilement et rapidement, mais ne durent guère; et ce genre de rivières est appelé torrent.
3. Comme l’a justement observé B. de Mandrot, au t. II de son édition, p. 263, n. 1, il ne faut pas corriger le texte comme le proposait Sauvage, et à sa suite Lenglet, en lisant : « nous n’étions pas ». Les forces adverses étaient bien, à ce moment précis, comme dit Commynes, sur la rive droite du Taro.
tize Go gle UN ERSITY OF WISCONSIN
172 COMMYNES PARLEMENTAIRE (5 juillet 1495)
[2. Commynes essaie de parlementer.] — Environ deux jours devant, on m'avoit parlé que je allasse parler à eulx (car la craincte commençoit à venir aux plus saiges) et que avecques moy menasse“ quelqu'un pour bien nombrer et congnoistre de leur affaire. Cela n’entreprenois-je point voulentiers (et aussi que sans saul-conduit je n’y pouvoys aller) ; mais respondiz avoir pris bonne intelligence! avecques les providateurs, à mon partement de Venise et au soir que arryvay? à Padoue, que‘ je creoye qu’ilz parleroient bien à moy en my-chemin des deux ostz; et aussi, si je me offroys d'aller vers eulx, je leur donneroye trop cueur et que on le m’avoité dit trop tard.
Ce dimanche dont je parle, escripvy‘ aux deux providateurs (l’ung s’appelloit messire Lucque Pisan, l’autre messire Marquiot Trevisan?) ; et leur prioie que à seüreté l’ung vint parler/ à moy et que ainsi m’avoit-il esté offert au partir de Padoue, comme a esté dit devant. Ilz me firent responce qu'ilz l’eussent faict voluntiers, se n’eust esté la guerre encommencée contre le duc de Millan, mais que non obstant que! l’ung des deux ou tous deux, selon qu'’ilz adviseroient, se trouveroit en quelque lieu en my-chemin. Et euz ceste responce le dimanche au soir. Nul ne l’*estima de ceulx qui avoient le credit. Je craignois à trop entreprendre ou que on ne le tint à couardise si j’en pressoiz/ trop et laissay ainsi
a. menace P. — b. j’arrivay éd. Dupont. — c. et que éd. Dupont. — d. on l’avoit éd. Dupont. — e. escriptz P. — f. à parler éd. Dubont. — g. que omis dans l’éd. Dupont. — h. les P. — à. on le tinst éä. Dupont. — j. pressoye éd. Dupont.