‹ Mémoires édités (volume 2)Chapitre 224 sur 429 · Entendez : tout ceci, je le sus d'eux-mêmes · texte numérisé non relu

Entendez : tout ceci, je le sus d'eux-mêmes

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180 TENTATIVES POUR PARLEMENTER (6 juillet 1495)

demain y parlay® et le veïz à l'œil. Et ne voulurent point Veniciens hesarder ? tout à ung coup ne desgarnir leur ost ; toutesfoiz il leur eust myeulx vallu mettre tout aux champs, puisqu’ilz commençoyent!.

[2. Échec des tentatives faites pour parlementer.] — Je laisse ung peu ce propos pour dire que devint nostre lettre que. avions envoyée, le cardinal et moy, par une trompète?. Elle fut receüe par les providateurs ; et, comme ilz l’eurent leüe, commença à tirer le premier coup de nostre artillerie, qui encores n’avoit tiré ; et incontinent tira la leur, qui n’estoit point si bonne. Lesdits providateurs renvoièrent incontinent nostre trompète et le marquis une des siennes et mandèrent qu'’ilz estoient contens de parlamenter, mais que“ on fist cesser l'artillerie et aussi qu’ilz feroient cesser la leur.

J'estoie pour lors loing du roy, qui alloit et venoit, et ren— voya les deux trompètes‘ dire qu’il feroit tout cesser; et manda au maistre de l’artillerie® : « Ne tirez plusc. » Et tout cessa des deux costéz ung poy. Et puis soubdainement eulx tirèrent ung coup et la nostre recommença plus que devant ; et approchèrent* trois pièces d'artillerie ; et, quant noz deux trompètes arrivèrent, ilz prindrent la nostref et l’envoyèrent

a. ilz en parloient éd. Dupont. — b. esarder éd. princeps ; estrader éd. Sauvage, éd. Lenglet, éd. Dupont, interprété : battre l’estrade. — c. ne tirer plus éd. Dupont. — d. ung peu éd. Dupont. — e. en approchant éd. Dupont.

1. Entendez : les Vénitiens ne voulurent pas risquer tout d’un seul coup ni dégarnir leur armée, quoique, ayant l'initiative des opérations, ils eussent eu avantage à jeter toutes leurs troupes sur le champ de bataille.

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