‹ Mémoires édités (volume 2)Chapitre 268 sur 429 · Ci-dessus, p · texte numérisé non relu

Ci-dessus, p

8. Le 21 août, le roi de France écrit au pape : «Nientedimeno ci è

ABANDON DE NAPLES (octobre-décembre 1495) 217

et fut certiffié à noz gens qui estoient au chasteau par les lettres et mensonges que mandoit le duc de Millan que ainsi estoit et y adjoustèrent foy; et si firent les Coulonnoys!, qui se tournèrent incontinent contre nous, avecques le bon vouloir qu’ilz avoient d’estre tousjours des plus fors?; car ilz estoient bien tenuz au roy, comme il est dit ailleurs.

Et pour cesdits mensonges et principallement que noz gens se veoient® en grant nombre retraictz? dedans le chasteau et poy de vivres: et avoient perdus tous leurs chevaulx et aultres biens qu’ilz avoient dedans la ville, composèrent le sixiesme jour d’°octobre l’an mil CCCC IIIIxx XV, et avoient jà esté envyronnées trois moys et quatorze jours !. Et envyron vingt jours après partirent comme dit est. Et promisdrent que s’ilz n’estoient secouruz en certain nombre de jours, qu'’ilz s’en yroient en Prouvence et laisseroient les chas-

a. se voyant éd. Dupont. — b. retraictz en grant nombre éd. Dupont. — c. jour d’ omis par éd. Dupont. — d. dedans éd. Dupont.

stato disso che hanno fatto li fochi de allegrezza in Roma credendo che eravamo morti over menati presone a Milano over a Venetia » (Lettres de Charles VIII, éd. Pélicier, t. IV, p. 266). Le bruit de la mort ou de la capture du roi avait donc réellement couru.

1. Entendez : c'est ce que firent les Colonna (ajouter foi à la rumeur).

2. Commynes veut dire que les Colonna furent aidés à y croire par leur volonté d’être toujours du côté du plus fort.

3. Le peu de vivres que signale Commynes était réel, mais il s’'aggravait de l’insuccès de la flotte commandée par d’Arbent.

4. En réalité, le siège avait commencé le 6 juillet (cf. ci-dessus, p. 213, n. 4). La « composition », c’est-à-dire la convention, à laquelle Commynes fait allusion est du 4 octobre. Le temps imparti aux défenseurs fut de deux mois et non de vingt jours. Le 5 décembre, le délai étant expiré, les otages français, ramenés d'Ischia (cf. ci-dessus, p. 216), furent menacés de mort si la capitulation n’avait pas lieu, et, le 8, sur l'intervention du sire d’Alègre, un des otages, le Château-Neuf de Naples se rendit. On voit que Commynes, qui ne connaît ces événements, comme il nous en avertit lui-même, que par ouïi-dire, en donne ici un résumé tout approximatif.

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