Ci-dessus, p
9. Entendez : avaient peu (insuffisamment) pourvu à leurs vivres.
220 DÉTRESSE DES FRANÇAIS A NOVARE (août-sept. 1495)
Et luy eust myeulx vallu faire ce que luy manday, comme se veoit dessus, dès que arrivasmes en Ast, qui estoit de partir et mettre hors tous gens inutiles et venir devers le roy!, car sa presence eust guydé partie de ce qu'il eust voulu ; ou, au moings, ceulx qu'il eust laissé n’eussent point souffert si extrême necessité de faim comme ilz firent, car il eust pris parti plus tost s’il eust veü qu'il n’y eust eu ? aultre remède. Mais l’arcevesque de Rouen?, qui avoit esté au commencement avecques luy audit lieu de Novarre et, pour faire service audit seigneur, estoit venu verse le roy et se trouvoit present aux affaires, luy mandoit tousjours ne partir point et qu’il seroit secouru ; et se fondoit que ainsi luy 4 disoit le cardinal de Sainct-Maloï, qui avoit tout le credit. Et bonne affection le faisoit parler, mais j’estoys asseüré du contraire, car nul ne vouloit retourner à la bataille si le roy n’y alloit, et cestuy-là° n’en avoit nulle envye. Car la question n’estoit que pour ceste seulle ville ‘ que ledit duc d’Orleans vouloit retenir et le duc de Millan la vouloir ravoir, car elle est à dix lieues de Millan et estoit force que l’ung eust tout : car en la duchié de Millan sont neuf ou dix grosses cités près l’une de l’autre et en petit d'espace ; mais bien disoit ledit duc de Millan que on luy laissast/ Novarre, et ne luy demandant point Gennes 5, que toutes choses il feroit pour le roy.
a. vallu avoir faict éd. Dupont. — b. y eu P; y eu[st] éd. B. de Mandrot. Nous croyons que P a omis eust et nous adoptons la leçon des anciennes éditions qui portent toutes y eust eu. — c. devers éd. Dupont. — d. ainsi le éd. Dupont. — e. celluy là éd. Dupont. — . que en luy laissant éd. Dupont.
1. Nous n'avons pas trace ailleurs de cet avis donné par Commynes au duc d'Orléans ; mais il faisait suite à la correspondance antérieure dont il a été déjà question, ci-dessus, p. 149.
2. Georges d’Amboise. Il était le favori du duc d'Orléans et fut ensuite son ministre lorsque le duc d'Orléans fut lui-même devenu Louis XII.
3. Entendez : et il se fondait sur ce fait que le cardinal de Saint-Malo (Briçonnet) le lui affirmait.