C'est-à-dire : si on ne lui demandait point Gênes
DÉTRESSE DES FRANÇAIS A NOVARE (août-sept. 1495) 221
Plusieurs foiz on mena farines audit Novarre, dont il s’en perdoit® la moictié en chemin ; et ung coup furent destroussés quelzques soixante hommes d’armes que menoit ung appellé Chastillon!{, qui estoit jeune gentilhomme de la maison du roy. Aulcuns furent pris, autres entrèrent, aultres eschappèrent à grand peyne*; et n’est possible de croire en quelle detresse estoit ceste compaignée de Novarre, car chascun jour en mouroient de fain et les deux pars * estoient? malades ; et venoit‘ de piteuses lettres en chiffre et à4 grant difficulté ‘. Tousjours on leur donnoit reconfort, et tout estoit abus5. Mais ceulx qui manyoient: l'affaire du roy desiroient la bataille ; et ne le/ consideroient point, que nul ne le vouloit que eulxt: car tous les grans chiefz, comme le prince d'Orange’, qui y’ estoit de nouveau$ arrivé et à qui le roy donnoit de” grant credit ès affaires de la guerre, et tous aultres chiefz de guerre cherchoient une honneste yssue par appoinctement?,
a. perdit éd. Dupont. — b. de fain les deux parts ou estoient éd. Dupont. — c. venoient éd. B.de Mandrot. Il est inutile de corriger P, dont la leçon, que nous reproduisons, équivaut à il venait. — 4. en éd. Dupont. — e. menoient éd. Dupont. — f. le omis partout, sauf dans P, que suit B. de Mandrot. — g. y omis par éd. Dupont. — h. de omis par éd. Dupont.
1. Jacques de Coligny, sire de Chastillon-sur-Loing. Cf. ci-dessus, p. 187, n. 3.
2. On peut rapprocher de ce passage de Commynes le texte où Benedetti, Diaria de bello carolino, liv. II, fol. 41 v° et 47 v®, parle des tentatives de Chastillon (6 et 26 août 1495).