Robbio, province de Pavie, circondario de Mortara
2. Une entrevue à Palestro était projetée au moment de la ratification du traité de Verceil (Charles VIII à Sforza, 10 octobre, Lettres de Charles VIII, éd. Pélicier, t. IV, p. 301; cf. Kervyn de Lettenhove, Lettres et négociations de Philippe de Commynes, t. II, P. 232).
3. Ayant quitté Trino le 15 octobre, Charles VIII se rendit à Turin. Il séjourna à Chieri (ici appelé Quiers) du 18 au 20, pour retourner à Turin, d’où il partit pour franchir la frontière française le 22.
4. Le 20 octobre, se trouvant à Chieri avec le roi, Commynes annonce son départ ; il ira à Venise et attribue cette désignation au « conseil de ses rivaux ». Sans doute eût-il préféré aller à Florence, où l’on souhaitait sa venue pour arranger les affaires de Pise ; mais il ne fut pas donné suite à cette suggestion (Kervyn de Lettenhove, op. cit., p. 233 et 243).
COMMYNES A VENISE (4 novembre 1495) 247
et les tromperies du duc de Millan. — Ma charge estoit, à Venise, sçavoir s’ilz vouloients accepter ceste paix et passer trois articles : le premier, rendre Monopoli, qu'ilz avoient prins sur nous; l’autre, de retirer le marquis de Mantot et aultres qu’ilz avoient au royaume de Napples au service du roy Ferrande!; la tierce, qu’ilz declairassent que le roy don Ferrande n'’estoit de la ligue? qu'’ilz avoient faicte de nouveau, où estoient nomméz seullement le pape, roy4 des Romains, roy « d'Espaigne et duc de Millan. Et quant j’arrivay audit lieu, me recueillirent honnourablement, mais non point tant qu’ilz avoient faict au premier coup : aussi nous
a. vouldroient éd. Dupont. — b. Mantoue éd. Dupont. — c. du éd. Dupont. — d. le roy éd. Dupont. — e. le roy éd. Dupont. — f. le duc éd. Dupont. — g. audict lieu de Venise éd. Dupont.
1. L'expédition du marquis de Mantoue dans le royaume de Naples n’eut lieu qu’au printemps de 1496. Comment Commynes peut-il en parler à propos de son ambassade de 1495? B. de Mandrot, au t. II de son édition, p. 332, n. 1, et dans son Introduction, p. xC, ne peut s'expliquer pareille « bévue » et rappelle que François Beaucaire de Péguillon, Rerum Gallicarum Commentarii (Lyon, 1625, in-fol.), p. 188, émettait à ce propos des doutes sur l’authenticité de cette partie des Mémoires. L’énormité même de l'erreur qu’aurait commise l’auteur sur sa propre mission à Venise permet de douter de sa réalité. Si même les mots « au royaume de Naples » n’ont pas été interpolés (ce qui éliminerait toute difficulté), nous pensons qu'il s’agit, dans la pensée de Commynes, non de l’expédition du marquis, mais du projet d'expédition. Sans doute, à Chieri, on croyait les choses plus avancées qu'elles n'étaient et l’on supposait même peut-être déjà le marquis dans le royaume de Naples. En somme, le texte de Commynes ne permet pas de douter que, parmi les points qu’il avait à traiter à Venise, se trouvait l’opposition à faire à toute collusion du généralissime vénitien avec l’Aragonais.
2. Le roi de Naples ne faisait pas partie officiellement de la Sainte-Ligue. Mais il s’agissait d'empêcher son admission. De même, pour le marquis de Mantoue, dont le cas est visé à la note précédente, il s’agissait de l'empêcher d’aller au royaume de Naples au service de Ferrand II. L’action est préventive sur l’un et l’autre
oint.
F 3. Commynes, reçu à Milan par Sforza le 27 octobre, s’embarqua
Go gle UNIVERSIT
248 SECONDE MISSION DE COMMYNES A VENISE (nOvV. 1495)
estions en inimitié declairée, et la premiere foiz nous estions en paix.
Je leur diz ma charge. Le prince! me respondit que feüsse le très bien venu? et que brief me feroit responce et qu'il se conseilleroit avecques son senat3. Par trois jours firent processions generales et grans aulmosnes et sermons publicques, priant Nostre Seigneur qu'il leur donnast grace de prendre bon conseil ; et me fut dit que souvent le font en cas semblables. Et, à la vérité, sit me semble la plus reverente cité que j’aye jamais veü aux choses ecclesiasticques, et qui ont leurs eglises myeulx parées et acoustrées ; et en cela les tiens assez esgaulx aux Romains et croy que la grandeur de leur Seigneurie vient de là, qui est digne de augmenter plus tost que de appetisser i.
Pour conclusion de mon affaire, je attendis quinze jours avant que avoir responce, qui fut de refux de toutes mes demandes, disant n'avoir nulle guerre avecques le roy, et que ce qu'ilz avoient faict c’estoit pour aider à leur alié le duc de Millan, que le roy vouloit destruire. Et firent parler à part avecques moy le duc, qui me offrit bon appoinctement, qui fut que le roy Ferrande feroit hommaige au roy du royaulme #,
a. ce éd. Dupont. — b. royaulme de Naples éd. Dupont.
sur le P6 ; entré à Venise le 4 novembre au soir, il fut logé cette fois chez Matteo Barozi. Sur les honneurs qui lui furent rendus, cf. Sanudo, La spedizione di Carlo VIII, p. 651, et Kervyn de Lettenhove, Lettres et négociations de Philippe de Commynes, t. III, p. 90.