Sur ce jugement, déjà exprimé par Commynes, cf. p
5. La réponse négative analysée ici par Commynes fut rendue le 18 novembre (Kervyn de Lettenhove, Lettres et négociations de Philippe de Commynes, t. II, p. 235).
6. Entendez : le doge. Nous n'avons nulle part ailleurs trace de ces propositions secrètes dont Commynes nous fait ici la confidence.
SECONDE MISSION DE COMMYNES A VENISE (nOV. 1405) 249
du consentement du pape!, et qu’il paieroit cinquante mil ducatz l’an de cens et quelque somme content qu'ils presteroient. Et entendoient, moiennant ce prest, avoir entre leurs mains les places qu’ilz ont en la Pouille, comme Brandis, Ottrante, Tranne? et autres. Aussi baïlleroit ledit don Ferrando ou laisseroit au roy quelque place en ce quartier de Pouille? pour seüreté ; et vouloient dire Tarante, que le roy tenoit encores, et en eust baïllé une ou deux davantaige. Et fondoient: de les baïller de ce cousté pour# ce que c’estoit le plus loing de nous et en lieu pour servir contre le Turc, dont le roy avoit fort parlé quant il entra en Ytalie, disant que à ceste fin faisoit ceste entreprinse et pour en estre plus près : qui fut une très meschante mention*, car c’estoit mensonge, et à Dieu ne peult-l’on celer les pensées. Oultre, me offrit ledit duc de Venise que, si le’ roy vouloit entreprendre contre ledit Turc, qu'il auroit assés places en ce que je dis et que toute l’Ytalie y contribueroit et que le roy des Romains feroit la guerre de son cousté aussi ; et que le roy et eulx tiendroient toute l’Ytalie* et que nul n’y contrediroit à ce qu'ilz en ordonneroient ; et que, pour leur part, serviroient le roy avecques cent gallées à leurs despens et cinq mil chevaulx par terre.
a. la omis par P, que suit B. de Mandrot. — b. au quartier de la Pouille éd. Dupont. — c. et souldoient éd. princeps ; et s’offroient éd. Dupont. — d. par éd. Dupont. — e. invention éd. Dupont. — f. ledict éd. Dupont. — g. le éd. Dupont. — h. toute Italie éd. Dupont.
1. Le consentement du pape eût été, en effet, nécessaire, puisque le royaume de Naples était réputé fief de l’Église romaine.