‹ Mémoires édités (volume 2)Chapitre 313 sur 429 · CARACTÈRE SOUPÇONNEUX DES PRINCES · texte numérisé non relu

CARACTÈRE SOUPÇONNEUX DES PRINCES

depplaisirs et douleurs estre fondéz en sy poy de raison que à grant peyne l’eussent voullu croire les gens qui ne les hantoient point! ; et la pluspart fondéz® en souspessons et rapports, qui est une maladie cachée qui règne ès? maisons des grans princes, dont maint mal advient tant à leurs personnes que à leurs serviteurs et subjectz; et s’en abbre vientc3 tant la vie que à grant peyne se voit nul roy ea France, despuis Charlemaigne, avoir passé soixante ans. Pour ceste suspection, quant le roy Loys vint approucher‘ de ce terme, estant malade d’autre maladie*, se jugeoit desja mort. Son père Charles septiesme, qui tant avoit faict de belles choses en France, estant malade, se mist en fantasie qu'on le vouloit empoisonner : ne/ voulut jamais manger. Aultres suspictions eut le roy Charles sixiesme, qui devint fol, et tout par rappors; quif doit estre repputé à grand faulte aux princes qu'ilz ne les avèrent/’, quant ce sont choses qui leur touchent, encores que ne fussent de trop grant importance, car par ce moyen ilz n’en auroient point si souvent ; et fauldroit le dire* aux personnes l’ung devant

a. estoient fondez éd. Dupont. — b. aux éd. Dupont. — c. abregent éd. Sauvage ; abrege éd. Lenglet et éd. Dupont : même sens. — d. vint et approcha éd. Dupont. — e. estant malade de ceste maladie éd. Sauvage et éd. Dupont ; estant malade éd. Lenglet, avec omission de ce qui suit jusqu'à se. — f. par quoy il ne éd. Dupont ; [ne] ne éd. B. de Mandrot. — g. adverent ou facent adverer éd. Dupont. — h. fauldroit en demander éd. Dupont.

1. Commynes veut dire que les ennuis des grands sont parfois fondés sur si peu de raison que l’on a peine à le croire si l’on ne vit pas à côté d'eux.

2. Les maux causés par l’excès de défiance ont été déjà dénoncés par l’auteur ; cf. notre t. I, p. 93.

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