‹ Mémoires édités (volume 2)Chapitre 337 sur 429 · TERGIVERSATIONS DU DUC D'ORLÉANS · texte numérisé non relu

TERGIVERSATIONS DU DUC D'ORLÉANS

trainct® de se tourner du cousté du roy contre Venitiens. Et moins de quatre vingts mil escus eust tins tous ces Ytaliens aux champs un grant temps ; et, deffaict le duc de Milan, le royaulme de Napples se recouvroit de luy mesmesb.

La faulte d’esprouver celle belle avanture vint de ce que ledit duc d’Orleans (combien que on entendoit qu'il deüst partir du soir au matin!, parce qu'il avoit envoyé devant toutes choses qui servoient à sa personne et ne restoit que luy à partir et l’armée preste et paiée ; car en Ast avoit huyt cens hommes d’armes® françoys et bien six mil hommes de pied, dont y en avoit quatre mil Suysses), ledit duc° mua de propos et requist au roy par deux foys qu’il luy pleüst mettre ceste matière en/ conseil; ce qui fut faict par deux foiz et m'y trouvay present à toutes les deux foiz. Et fut conclud, sans une voix au contraire (et si y avoit tousjours dix ou douze personnes pour le moins), qu'il y devoit aller, veü qu'on avoit asseüré tous les amys en Ytalie, qui dessus sont nomméz, lesquelz jà avoient faict despence! et se tenoient prestz. Lors dist ledit duc d’Orleans (qui de quelqu'un estoit conseillé ou fuyoit son partement pour ce qu’il veoit le roy assez mal dispousé de sa santé, dont il devoit estre heritier ?

a. Ceulx qui se fussent sceü deffendre qu’il n’eust esté disant ou qu’il n’eust esté contrainct de se tourner du costé du roy contre les Venitiens éd. princeps ; ceulx qui se fussent sceü mettre en ordre pour le deffendre, comme les Venitiens, n’eussent esté prestz éd. Sauvage ; [de] ceulx qui se fussent sceü deffendre nul n’eust esté, disoit-l’on, qui n’eust esté contrainct éd. Dupont. — b. de soy éd. princeps, éd. Sauvage et éd. Dupont. — c. d'armes omis dans P, que suit B.de Mandrot. — d. cens éd. Dupont. — e. duc d'Orléans éd. Dupont. — f. au éd. Dupont. — g. qui disoient qu’il y debvoit aller éd. princeps. — h. grosse despence éd. Dupont. — à. propre heritier éd. Dupont.

être prise sur Sforza, et, pour punir celui-ci, l’auteur en vient à se déclarer partisan de l’action en Italie, après y avoir été si opposé.

1. Ce texte de Commynes trouve sa confirmation dans la dépêche des ambassadeurs florentins datée de Lyon, 7 mai 1496 (Desjardins, op. cit., t. I, p. 657).

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