‹ Mémoires édités (volume 2)Chapitre 352 sur 429 · REPRISE DES RELATIONS FRANCO-ESPAGNOLES · texte numérisé non relu

REPRISE DES RELATIONS FRANCO-ESPAGNOLES

sien), ilz envoyèrent! ung gentilhomme et ung des religieux de‘ Montserrat!?; car toutes leurs œuvres ont faict manier par telz gens, ou par ypocrisie ou pour moins despendre ; car ce frère Jehan de Mauleon, cordelier, dont a esté parlé, mena le traictié de faire rendre Rouxillon. Ces ambaxadeurs dont j'ay parlé prièrent au roy, d’entrée3, qu’illuy pleüst den’avoir jamais souvenance du tort que lesdits roy et royne luy tenoient (on nomme tousjours la royne, pour: ce que Castille estoit di de son costé ; aussi elle avoit la principalle auctorité : ce a esté ung fort honnourable et uny mariage que le leur) ; après, requeroient® une trève, y comprenant toute leur ligue, et que le roy demourast en possession de Gayète et aultres

a. ilz envoyèrent vers le roy Charles un gentilhomme et des religieux de éd. Sauvage, éd. Lenglet et éd. Dupont. — b. Montserrat éd. Sauvage ; Montferrat éd. Lenglet et éd. Dupont. — c. par éd. Dupont. — d. est éd. Dupont. — e. commençoient éd. Dupont.

1. Commynes semble vouloir faire entendre que l'initiative de la reprise des relations franco-espagnoles vint d’Espagne. Il en fut, en réalité, autrement. Avant la mission espagnole dont notre auteur va parler, il y eut une mission française qui franchit les Pyrénées et fut reçue à Almazan, le 30 mai 1496, par Ferdinand et Isabelle (Milan, Archives d’État, Potenze Estere, Spagna, 1496, dépêche de Litta au duc de Milan). Ceux-ci refusèrent la proposition de paix séparée qui leur était présentée ; mais cette offre amorça la négociation qui devait aboutir à l'accord. Commynes a passé sous silence ou ignoré cette première mission française, dont les titulaires, au surplus, ne nous sont pas connus.

2. Don Fernando, duc de Estrada, et l’abbé de Montserrat (en Catalogne), frère Gracian de Cisneros. Ces ambassadeurs étaient déjà passés à Lyon le 20 septembre 1496, comme le montre un document conservé aux Archives d'État de Modène, Avvisi : « Summario de una lettere da Lione a Turino alli 20 de septembre 1496 che per Lione sono passati li oratori hispani, videlicet l’abbat de Montserrate et uno cavalero, quali andavano alla Mayta del re suo de Franza. » Comme on le voit, il faut rejeter l'hypothèse de B. de Mandrot, au t. II de son édition, p. 366, note, disant que « cette ambassade quitta l'Espagne aussitôt après la prise de Salses par le seigneur de Saint-André », car cet exploit est du 8 octobre. L'affaire de Salses, tout épisodique, n’a influé en rien sur la diplomatie espagnole.

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