REPRISE DES RELATIONS FRANCO-ESPAGNOLES
places qu’il avoit oudit royaulme®* et qu'il les pourroit avitailler à son plaisir durant la trève et que l’on print une journée, où se trouveroient ambaxadeurs de toute la ligue, pour traicter la paix qui porroit?!; et, après, vouloient continuer lesdits roys en< leur conqueste ou emprise sur les Mores et passer la mer qui est entre Grenade et Affricque, dont la terre du roy de Fez leur estoit la plus prochaine?. Toutesfoiz aulcuns ont voullu dire que leur vouloir n’estoit point teld et qu'ilz se contentoient de ce qu’ilz avoient faict, qui est d’avoir conquis le royaulme de Grenade, qui, à la verité, a esté une belle et grande conqueste, et la plus belle qui ayt esté de notre temps et que jamais leurs predecesseurs ne sceürent faire ; et vouldroye, pour l’amour d’eulx, que jamais n’eussent entendu à aultre chose et tins® à nostre roy ce qu'ilz/ luy avoient promis.
Le roy renvoya, quant et ces deux ambaxadeurs, le seigoeur de Clerieux 4, du Daulphiné ; et taschoit le roy de faire paix ou trève avecques eulx, sans y comprendre la ligue. Toutesfoiz, s’il eust accepté leur offre, il eust saulvé Gaiète, qui estoit suffisant pour recouvrer le royaulme de Naples aux amys? que le roy y avoitÿ.
a. royaulme de Naples éd. Dupont. — b. pour traicter paix qui vouldroit éd. Dupont. — c. et P. — d. n’y estoit point éd. Dupont. — e.tenu éd. Dupont. — f.il P.— g. veu les amys éd. Dupont : même sens.
1. En somme, à la proposition de paix séparée (cf. la note 1 de la page précédente) la diplomatie espagnole répond par le contreprojet d’une conférence.
2. Après avoir conquis le royaume de Grenade et rejeté les Maures en Afrique (1492), les Espagnols auraient entrepris, en ce cas, la conquête du Maroc.