AMBASSADES ENTRE LA FRANCE ET L’ESPAGNE
Depuys, y retourna ledit seigneur de Clerieux et ung appellé Miquiel® de Grammont!, sur aulcunes ouvertures ?. Ledit de Clerieux portoit quelque peu d'affection à ceste maison d’Arragon et esperoit avoir le marquisat de Quotron?, qui est en Calabre, que ledit roy d’Espaigne tient de ceste conqueste dernière que ses gens firent audit païs de Calabre, et ledit de Clerieux le pretend sien ; et est homme bon, qui‘ aisement croit, et par especial telz personnaiges à. A la deuxiesme foiz qu'il revint, amena ung ambaxadeur desdits royz! ; et rapporta ledit de Clerieulx qu’ilz se contenteroient d’avoir ce qui est le plus prouchain de Cecille, pour led droit qu'’ilze pretendent / audit royaulme, qui est Calabre, et que le roy print le reste ; et que en personne viendroit ledit roy de Castille en ladite conqueste et paieroit autant de la despence de l’armée comme le roy. Et jà tenoit et tient quatre ou cinq places fortes en Calabre, dont Quotron est l’une, qui est cité bonne et forte. Je fuz present au rapport ; et à plu-
a Michel éd. Dupont. — b. couvertures P. — c. et qui éd. Dupont. — d. ledict éd. Dupont. — e. qui P. — f. pretendoient éd. Dupont.
1. Dans ce troisième voyage, Clérieu passa avec ses compagnons, dont Michel de Gramont, à Narbonne le rer mai; il arriva à Medinadel-Campo le 29 du même mois et en repartit le 7 juin 1497. Nous donnerons les références relatives à ces ambassades dans l'ouvrage annoncé plus haut sur La politique espagnole dans la première guerre d'Italie. Cf. J. Calmette, Contribution à la critique des « Mémoires » de Commynes, dans le Moyen âge, 2° série, t. VIII (1904), P. 201-207.