DUPLICITÉ DES VÉNITIENS
saigement conseillées® que de prince ne communaulté qui soit au monde. Mais Dieu veult # tousjours que l’on congnoisse que les jugemens ny les sens des hommes ne servent de riens là où il luy plaist mectre la main. Dispousa: l’afaire aultrement qu'ilz ne cuydoient : car ilz ne croioient point que le roy vinté en personne!, et si n’avoient nulle paour du Turc, quelque chose qu'’ilz dissent, car le Turc qui règne? est: de petite valeur. Mais leur sembloit qu’ilz se vengeroient de ceste maison d’Arragon, qu'’ilz avoient en grant hayne, tant le père que le filz* ; disoient/ qu'ilz avoient faict venir le Turc à Scutery #, j'entends le père de cestuy Turc qui conquist Constantinobleÿ, appellé Mehemet Octomany?, qui fit plusieurs autres grans dommaiges ausdits Venitiens. Du duc de Calabre, Alphonce, disoient plusieurs aultres choses : entre les aultres, qu’il avoit esté cause de la guerre que * esmeüt contre eulx le duc de Ferrare, qui merveilleusement leur cousta, et en cuidèrent estre destruictzf. De ladite guerre, ay dit quelque mot. Et disoient aussi que ledit duc de Calabre avoit envoyé homme exprès à Venise pour empoisonner les citernes, au moins celles où il pourroit joindre, car plusieurs
a. conseilléz P, suivi par B. de Mandrot. Cette leçon n’est point incorrecte, affaire étant souvent du masculin au XV® siècle et chez Commynes lui-même. — b. Dieu [qui] veult éd. B. de Mandrot. — c. il disposa éd. Dupont ; la main, dispousa éd. B. de Mandrot. — d. y allast éd. Dupont. — e. regnoit estoit éd. Dupont. — f. disant éd. Dupont. — g. Nychemet Octaviany P, suivi par B. de Mandrot ; Mehemet Ottoman éd. Dupont. Au livre VIII, chap. VIT, P écrira Ottomany, ce qui justifie la leçon que nous croyons devoir restituer ici. — h. qui éd. B. de Mandrot, sans observation.