Entendez : il causait, il devisait avec tout le monde
6. Nous dirions : il tomba à la renverse. Sur les causes de la mort de Charles VIII, voir Brantôme, Œuvres, éd. Lalanne, t. II, p. 323; Leroux de Lincy, Vie de la reine Anne, t. I, p. 139; le Dr Cabanès, Les morts mystérieuses de l’histoire (Paris, 2° éd., s. d.), t. I, p. 228 et suiv. Ce dernier auteur ne comprend pas le sens du mot « catarrhe », employé par Commynes, et qui désigne l'apo-
MORT DE CHARLES VIII (7 avril 1498) 307
rolle. Il pouvoit® estre deux heures après mydi; et demoura audit lieu jusques à unze heures de nuyt. Trois foys luy revint la parolle ; mais poy luy dura, comme me # compta ledit confesseur, qui deux foiz ceste sepmayne le confessa: : l’une à cause de ceulx qui venoient vers luy pour le mal des escrouellest. Toute personne entroit en ladite gallerie qui vouloit, et le trouvoit-l’on couché sur une pouvre paillasse, dont jamais ne partit jusques il eust rendu l’ame ; et y fut neuf heures. Ledit confesseur, qui tousjours y fut, me dist que lorsque la parolle luy revint, à toutes les trois foiz, dist 4 : « Mon Dieu et la glorieuse Vierge Marie, monseigneur sainct Glaude et monseigneur sainct Blaise me soient en aide! » Et ainsi departit de ce monde ce grand et si puissant roy*, et en si miserable lieu, qui tant avoit de belles maisons et en faisoit une si belle : et si ne sceüt à ce besoing finer d’une/ pouvre chambre.
Et combien peult-l’on, par ces deux exemples? ycy dessus couchéz, congnoistre la puissance de Dieu estre grande et que c’est peu de chose de nostre miserable vie, que tant nous donnons? de peyne pour les choses du monde et que les roys n’y peuvent resister non plus que ung laboureur#.
a. il ne povoit éd. Dupont. — b. me omis dans P. — c. l’avoit confessé éd. Dupont. — d. il disoit éd. Dupont. — e. ce si puissant et si grand roy éd. Dupont. — f. finer une éd. Dupont. — g. qui tant nous donne éd. Dupont. — h. que les laboureurs éd. Dupont.
plexie (ci-dessus, p. 312; cf. notre t. II. p. 304), et il hésite entre le traumatisme, l’apoplexie et l’'empoisonnement.
1. Les rois de France devaient être en état de grâce pour jouir de leur don de guérir les écrouelles. Cf., sur ce don divin, Marc Bloch, Les rois thaumaturges, étude sur le caractère surnaturel attribué à la puissance royale, particulièrement en France et en Angleterre (Publications de la Faculté des lettres de Strasbourg), 1924, in-80.
2. La mort de Louis XI (cf. notre t. II, p. 340) et la mort de Charles VIII, qui toutes deux fournissent à Commynes l’occasion de formuler des considérations morales.