AMBASSADEURS MILANAIS À LYON
Lion, pour entendre à ces matières : non point que on cuidast qu'il passast les monts'. Et là vint devers luy messire Galiace, frère dudit conte de Gaiasse de Sainct-Severin, dont a esté parlé, fort bien accompaigné de par le seigneur Ludovic, dont il estoit lieutenant et principal serviteur, et° amena grand nombre de beaux et bons chevaux et aporta du harnoys pour courir à la jouxte ; et y courut, et bien, car il est? jeune et très gentil chevalier. Le roy luy fit grant honneur et bonne chère et luy donna son ordre? ; et puys retourna en Ytalie3 ; et demoura tousjours le conte de Beljoieuse ambassadeur, pour avancer l’alée. Et sec commença à aprester une très grousse armée à Gennes ; et y estoit pour le roy le seigneur d’Urfé, grant escuier de France, et aultres i.
A la fin, le roy ala à Vienne en Daulphiné, envyron le commencement d’aoust oudit an’, et là venoient chascun jour nouvelles {de Gennes, où fut envoyé le duc Loys d’Orleans de present regnant 6, homme jeune et beau personnaige, mais aymant son plaisir7. De luy a esté assés parlé en ces memoires. Et
a. et omis par P. — b. estoit éd. Dupont. — c. si éd. B. de Mandrot, leçon erronée. — d. chascun jour les nobles éd. Dupont.
1. Sur les intrigues menées à ce moment pour ou contre la descente, cf. Delaborde, L'expédition de Charles VIII, p. 343.
2. Delaborde, op. cit., p. 341 et suiv., raconte la réception faite à Galéas di San Severino à Lyon au printemps de 1494. « Sans lui, écrit Belgiojoso, l’entreprise eût été réduite à néant » (23 juillet 1494, lettre citée par Delaborde, loc. cil., p. 346).