‹ Mémoires édités (volume 2)Chapitre 47 sur 429 · CHAPITRE VI] [LES DÉBUTS DE LA GUERRE D'ITALIE · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI] [LES DÉBUTS DE LA GUERRE D'ITALIE

[1.] Comment le roy Charles partit de Vienne en Daulphiné pour conquerir Naples en personne et de ce que feit son armée de mer soubz la conduicte de monsieur d'Orleans. — Et, pour conclure, le roy partit de Vienne le xxIII® jour du moys d’aoust M CCCC IIIIxx XIIIIC, et tira droit vers Ast!. A Suze vint au devant de luy 4 messire Galiace de Sainct-Severin en poste?. Et de là alla le roy à Turin et emprunta les bagues de madame de Savoye, fille du feu marquis le seigneur Guillaume de Montferrat, vefve du duc Charles de Savoye, et les mist en gaige pour douze mil ducatz. Et, peu de jours

a. des nomméz éd. Dupont. — b. pour conclusion éd. Dupont. — c. XIII P, suivi par B. de Mandrot. — d. vers luy éd. Dupont.

qu'’avaient à l’origine les « marchands d'argent », comme tous les marchands. Le même mot banco sert encore aujourd’hui en italien à désigner à la fois un banc et une banque. Cf. le sens du mot « Comptoir ».

1. Asti, province d'Alexandrie, ville appartenant au duc d’Orléans. Il nous paraît préférable d'admettre que Charles VIII quitta, en réalité, Vienne le 22 août (Delaborde, op. cit., p. 388 ; Lettres de Charles VIII, éd. Pélicier, t. IV, p. 84, n. 1). Entré à Grenoble le 24, il prit congé de la reine Anne le 29, sortit de Grenoble le même jour et arriva à Embrun (31 août), Briançon (1°r septembre), Oula (2 septembre) et, après le passage de la frontière savoyarde (la Gravière), à Suze (3 septembre), Avigliana (4 septembre), Turin (5 septembre), Chieri (6 septembre), Asti (9 septembre).

2. Entendez : à l’allure des chevaucheurs de la poste, c’est-à-dire très hâtivement. Cf. les documents italiens utilisés par Delaborde, L'expédition de Charles VIII en Italie, p. 396.

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DISPOSITIF MILITAIRE (septembre 1494) 37

après, fut à Casalz!, vers la marquise de Montferrat, dame jeune et saige, vefve du marquis de Montferrat?. Elle estoit fille du roy de Servie ; le Turc avoit conquis le“ païs, et l’empereur“, de qui elle estoit parente, l’avoit mariée là, qui l’avoit par avant recueillie. Elle presta ses bagues, qui aussi furent engaigées pour douze mil ducatz. Et pouvez veoir quel commencement de guerre, si Dieu n’eust guidé l’euvre‘!

Par aulcuns jours se tint le roy en Ast. Cest an là, tousles vins d’Italie estoient aigres, ce que noz gens ne trouvoient point bon ne l'air qui estoit si chault. Là vint le seigneur Ludovic et sa femme, fort bien acompaignéz, et y fut deux jours, et puis se retira à Noni’, ung chasteau qui est de l’estat de Milan, a demye lieuec d’Astf ; et chascun jour le conseil alloit vers luy.

Le roy Alphonce avoit deux armées par païs”, l’une en la4 Rommaigne, vers Ferrare, que conduisoit son filz8, bien acompaigné : et avoit avecques luy le seigneur Virgille Ursin ?, le conte de Petillane 0, messire Jehan Jacques de Trevolse!{, qui pour ceste heure est des nostres. Et contre eulx

a. son éd. Dupont. — b. Nom éd. Dupont. — c.à une lieue éd. Dupont. — d. la omis par P, que suit B. de Mandrot.

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