‹ Mémoires édités (volume 2)Chapitre 46 sur 429 · HÉSITATIONS DE CHARLES VIII · texte numérisé non relu

HÉSITATIONS DE CHARLES VIII

aultres choses necessaires‘. Et demeura seul la foy audit seneschal?, dont l’ay prisé et prise! ; et fit‘ le roy mauvais visaige audit general trois ou quatre jours, puis il se revint 4 en train.

Si mourut à l’heure ung serviteur dudit seneschal, comme l’on disoit, de peste, pourquoy il n’ouzoit aller vers son maistre*, dont il estoit bien troublé, car nul ne sollicitoit ce cas. Et monsr de Bourbon et madame estoient là, serchans rompre ledit voyage à leur pouvoir, et leur en tenoit propos ledit general ; et l’ung des jours estoit l’alée rompue, l’autre renouée/?. A la fin, le roy se delibera de partir ; et si montay à cheval des premiers, esperant passer les monts en maindre compaignée ; toutesfoiz je fuz remandé, disant que tout estoit rompu.

Et, ce jour, furent empruntéz cinquante mil ducatz d’ung marchant de Millan*; mais le seigneur Ludovic les bailla, moiennant pleiges?, qui s’obligèrent vers ledit marchant, et y fuz, pour ma part, pour six mil ducatz, et aultres pour le reste; et n’y avoit nulz interestz. Ja paravant on avoit emprunté du banc de Solly #, de Gennes, cent mil francs,

a. estre là au mois d’aoust, sans argent, toutes et autres choses necessaires éd. princeps; par estre là sur les champs, au mois d’aoust, sans argent et sans toutes autres choses necessaires éd. Sauvage. — b. demoura la foy audit senechal seul éd. Dupont. — c. dont j’ay parlé, et feït éd. Dupont. — d. se remit éd. Dupont. — e. il n’osoit aller autour du roy éd. Dupont. — f. renouvellée éd. Dupont, leçon manifestement erronée. — g. si n’est que dans P, suivi bar B. de Mandrot. — h. Millan en interligne dans P.

1. Ce certificat de fermeté, décerné à Vesc, montre bien que Commynes n'est coupable d'aucune partialité contre lui.

2. Les tergiversations de la dernière heure sont confirmées par les documents italiens. Cf. Delaborde, L'expédition de Charles VIIT en Italie, p. 382.

3. C'est-à-dire : des garants, qui se portent caution chacun pour une partie de la somme empruntée.

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