‹ Mémoires édités (volume 2)Chapitre 65 sur 429 · Pontremoli, province de Massa-e-Carrara · texte numérisé non relu

Pontremoli, province de Massa-e-Carrara

3. Autrement dit, les sympathies des Florentins allaient normalement à la France à raison, tant de leurs intérêts commerciaux que de leurs attaches avec le parti guelfe, l’ancien parti pontifical d'Italie en face du parti gibelin, dévoué à l'empire germanique. A l'époque dont parle Commynes, le parti guelfe est généralement favorable, en Italie, à la France contre les Aragonais de Naples.

4. Entendez : le roi ne resta que trois jours devant la place (à l’assiéger) ; et le duc de Milan y arriva avant que la ville ne se fût rendue. — Charles VIII arriva devant Sarzana le 31 octobre.

5. Il nous paraît difficile d'identifier ce capitaine de Suisses avec

54 TERGIVERSATIONS DE PIERRE DE MÉDICIS (oCt.-nOV. 1494)

aulcuns Almans!; et, combien que ne fusse present à ces choses, si le m'ont compté le roy, ledit* duc et aultres?. Et de ce debat vint depuis grant inconveniant, comme vous orrez après3,.

Praticque se meüt à Florence, et depputèrent gens pour envoyer devers le roy jusques à xv ou xvi, disant en la cité qu’ilz ne vouloient demourer en ce peril d’estre en la hayne du roy et du duc de Milan, qui tousjours avoit son ambassade à Florence. Et consentit Pierre de Medicis ceste allée ; et aussi il n’y eust sceü remedier, au terme en quoy les affaires estoient : car ilz eussent esté destruictz, à la? petite provision qu'ilz avoient, et si ne savoient que c’estoit de guerre. Arrivéz qu'ilz furent, offrirent de recueillir le roy à Florance et aultres parties ; et ne leur chaloit à la pluspartÿ, sinon qu’on allast là pour avoir occasion de chasser Pierre de Medicis, et se sentoient avoir bonne intelligence avec ceulx

a. dit omis par éd. Dupont. — b. veu la éd. Dupont, même sens que notre leçon.

Antoine de Baissey, baïlli de Dijon, comme le voudrait B. de Mandrot. Commynes a déjà parlé ci-dessus du bailli de Dijon (p. 39), et les termes dont il se sert ici ne conviennent pas à un tel personnage. Il ne convient pas non plus de germaniser sans preuve son nom en « Buser », comme le font les anciens éditeurs ; car nous devons reconnaître que nous ne pouvons rien dire de ce capitaine.

1. Sanudo, La spedizione di Carlo VIIT, p. 105, donne des détails sur cet incident.

2. Il est intéressant de voir Commynes préciser ici l'enquête orale à laquelle il s’est livré.

3. « Comme vous entendrez ci-après ». Voir, en effet, liv. VIII, ch. vi.

. Sur les ambassades florentines du moment auprès de Charles VIII et l'attitude de ce prince à leur égard, cf. Lettres de Charles VIII, éd. Pélicier, t. IV, p. 101 (Plaisance, 22 octobre 1494), et Gaddi, Sulla cacciata di Piero de’ Medici, dans Archivio storico italiano, t. IV, 2€ partie, p. 44.

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