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62 ESCARMOUCHES SOUS PARIS ([août-septembre 1465)
Fut advisé que toute lartillerie de l’ost seroit assortie encontre®. Ledit seigneur de Charroloys en avoit très largement. Le duc de Calabre en avoit de belle, et aussi le duc de Bretaigne. L'on fist de grans troux ès murailles qui sont au long de la rivière, derrière ledict hostel de Conflans!, et y assortit-on toutes les meilleures pièces (excepté les bombardes et autres grosses pièces, qui ne tirèrent point) et le demourant où elles povoient servir. Ainsi en y eut du costé de ces? seigneurs beaucoup plus que de celuy du roy. La tranchée que les gens du roy avoit faicte estoit fort longue, tyrant vers Paris, et tousjours la tyroient avant et gectoient la terre de nostre costé pour se taudir‘? de l’artillerie; car tous estoient cachéz dedans le fossé ny nul n’eust ozé monstrer la teste. Ilz estoient en ung lieu plain? comme la main et en belle prehéei.
Je n’ay jamais veu tant tyrer pour peu de joursÿ, car de nostre costé on se actendoit de les chasser à force d'artillerie. Aux autres, en venoit de Paris tous les jours, qui faisoient bonne diligence de leur costé et n’espargnoyent point la pouldre. Grand quantité de ceulx de nostre ost feirent des fossés en terre à l’endroit de leur logis, encores d’advantaige en y avoit beaucoup, pour ce que c’est Hieu où on a tiré de la pierref. Ainsi se taudissoit4chascun, et se passa trois ou quatre jours.La-craincte* fut plus grande que la perte des deux costéz, car il ne se perdit nul homme de nom.
a. B. de Mandrot, comme les éditeurs antérieurs, ajoute : [celle du roy], ce qui paraît superflu. — b. ses D. — c. Leçon commune à tous les manuscrits, sauf P, qui porte : c’estaudir. — d. s’estaudissoit P. — e. plaincte À.
1. 11 s’agit des brèches faites par le bombardement au rempart qui se trouvait derrière l'hôtel.