‹ Mémoires édités (volume 3)Chapitre 111 sur 315 · C'est-à-dire : en si peu de jours · texte numérisé non relu

C'est-à-dire : en si peu de jours

6. Commynes fait allusion à la présence de carrières en ce lieu.

ESCARMOUCHES SOUS paris (août-septembre 1465) 63

Quant ces seigneurs veirent que ceulx du roi ne se ennuyoient® point, leur sembla honte et peril et donnerë cueur à ceulx de Paris; car, par quelque jour de trefvef, il vint tant de peuple qu’il sembloit que riens ne fust demouré en la ville. 11 fut conclud en ung conseil que l’on feroit ung fort grant pont? sur grans bateaulx et coupperoit-on° l’estroit du batteau et ne se asserroit le boys que sur le large et au dernier coupplet y auroit de grans ancres pour gecter en terre. Avec cela furent amenéz plusieurs grandz bateaulx de Seine, qui eussent peu passer grand nombre de gens de pied au coupi. Et ainsi fut arresté de passer“ la rivière. A maistre Girauldÿ, canonnier, fut donnée la charge de cest ouvraige, auquel il sembloit que, pour les Bourguygnons, estoit grant adventaige de ce que les autres avoyent gecté les terres de nostre costé, pour ce que, quant ilz seroient oultre la rivière, ceulx du roi trouveroient leur tranchée beaucoup au dessoubz des assaillans et qu’ilz ne oseroient saillir dudict fossé* pour craincte de l'artillerie.

Ces raisons donnèrent grant cueur aux nostres de passer, et fut le pont achevé et dressé, sauf le dernier coupplet qui tournoit de costé, prest à dresser, et tous les bateaulx amenéz. Dès qu’il fut dressé, vint ung officier d'armes du roy

a. menoient P. — b. donné P. — c. couppé P. — d. Les mots grand nombre de gens... arresté de passer, omis dans D, sont ici restitués d’après les autres manuscrits. — e. P ajoute jusques au joindre; B a lu jusques à aujourd'huy.

1. Il y eut alors, en effet, des tractations sous le couvert de suspensions d’armes. Voir H. Stein, Charles de France, p. 111-112.

2. Voir, au sujet de ce pont, les Dépêches des ambassadeurs milanais, éd. B. de Mandrot, t. III, p. 314.

3. L'opération consistait donc à enlever la poupe et la proue des bateaux, à jeter un plancher sur la partie la plus large, et aux deux extrémités du pont ainsi établi, on assurait la solidité en jetant de grandes ancres aux deux derniers bateaux accouplés. Ce sont ces deux bateaux extrêmes qui forment ce que Commynes appelle « le dernier coupplet ».

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