Commynes pense probablement ici à l'aventure de Péronne
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ma porté grant dommaige, aussi m’a-elle faict quelquefois du plaisir beaucoup. Toutesfois c’est raison que je repare l'amende ». Et ne usoit point de ces® privées parolles qu'il ne feist quelque bien au personnaige à qui il parloit et n’en faisoit nulz petitz.
Encores faict Dieu grant grace à ung prince quant il scet bien et mal!, et par especial quant le bien precède2?, comme au roy nostre maistre dessusdit. Mais à mon advis que le travail qu’il eut en sa jeunesse, quant il fut fugitif de son père et fuyt soubz le duc Philippes de Bourgongne, où il fut six ans3, lui vallut beaucoup, car il fut contrainct de complaire à ceulx dont il avoit besoing. Et ce bien luy aprint
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i ) adversité, qui n’est‘pas petiti. Comme il se trouva grant et Te Je:
roy couronné, d’entrée ne pensa que aux vengeancesÿ, mais ù tost luy en vint le dommaige, et quant et quant la repen-
tance; et repara ceste follie et cest erreur en regaignant 5, 4
ceulx à qui il tenoit tort, comme vous entendrez cy après. Et s’il n’eust eu la nourriture? autre que les seigneurs
que j'ay veu nourrir en ce royaulme, je ne crois point que (
jamais se fust ressours8 : car ilz ne les nourrissent seulle-%, ment-que à faire les folz en habillemens et en parolles ; des,
nulle lectre ilz n’ont congnoissance; ung seul saige homme LS
on ne leur mect à l’entour; ilz ont des gouverneurs à qui
on parle de leurs affaires, à eulx, riens; et ceulx-là disposent + de leurs affaires. Et telz seigneurs y a qui n’ont treze livres ‘
a. ses D.
C'est-à-dire : quand il discerne le bien et le mal. Sur ce mot, cf. ci-dessus, p. 1, n. 3.
. Louis, dauphin, fut l'hôte de Philippe le Bon de septembre 1456 à fin juillet 1461.
4. Le sens est : c’est ce que lui apprit l’adversité, et ce n'est pas peu.
5. Allusion aux fautes du début du règne et aux disgrâces qui le marquèrent. — Sur le sens de l’expression « d’entrée », voir p.67,
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