Sur le sens de ce mot, voir ci-dessus, p. 57, n
2. Commynes reviendra à plusieurs reprises sur cette idée et la développera. Il est résolument hostile aux négociations directes sous forme d’entrevues princières, procédé favori de Louis XI. Cf. notamment Liv. II, ch. vu.
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tiéz, et plusieurs dyent : « Tel ne me celera riens »; mais si feront, s’ilz sont telz comme j'ay dict, et qu’ilz congnoissent qu'ilz ayent maistre saige.
[CHAPITRE X| [Portrait DE Louis XI]
Je me suys mys en ce propoz pour ce que j’ay veu beau-
coup de tromperies en* ce monde, et à? beaucoup de servi-
teurs envers leurs maistres, et plus souvent tromper les princes et seigneurs orguilleux, qui peu veullent ouyr-parler les gens) que les humbles et qui vulentiers escoutent. Et entre téus ceulx que j’ay jamais congneu, le plus saige pour soy tyrer d’un mauvais pas en temps d’adversité, c’estoit le roy Loys unziesme!, nostre maïistre, et le plus humble en parolles et en habitz, qui plus travailloit à gaigner ung homme qui le povoit servir ou qui luy povoit nuyre. Et ne se ennuyoit point à estre reffusé une fois d’un homme qu’il pratiquoit à gaigner, mais y continuoit en luy promectant largement et donnant par effect? argent et estat3 qu’il congnoissoit qui luy plaisoient, et ceulx qu’il avoit chasséz et deboutéz en temps de paix et de prosperitéi, il les rachatoit bien cher quand il en avoit besoing, et s’en servoit‘ et ne les avoit en nulle hayne pour les choses passées.
a. de P. — b. de M; P omet toute la proposition. — c. et s’en servoit omis dans D. Nous restituons d’après les autres manuscrits. M omet s’en.
1. Sur ce portrait célèbre de Louis XI, voir ci-dessus, p. xvrr.
2. Effectivement, le don réel est opposé à la simple promesse.
3. Le sens est : charges, dignités (avec les avantages qui s’y attachent).
4. Par « d'entrée », il faut entendre « du premier coup ». Allusion surtout aux disgrâces qui marquèrent l'avènement. Cf. ci-dessus, p. 20.
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+ Re servoient et
Il estoit naturellement amy-des gens de moyen estat et ennemy de tous grans quise. povoient passer de luy. Nul homme ne presta jamais tant l’oreille aux gens ny ne s’enquist de tant de choses comme il faisoit ny ne voulut congnoistre tant de gens. Car aussi veritablement il congnoissoit toutes gens d’auctorité et de valleur qui estoyent en Angleterre et en Espaigne, en Portugal, en Italie et seigneuries® du duc de Bourgongne et en Bretaigne, ainsi comme il faisoit ses subjectz. Et ces termes et façons qu’il tenoit, dont j’ay parlé icy dessus, luy ont saulvé la couronne, veu les ennemys qu’il s’estoit luy mesmes acquis à son advenement au royaulmet{.
Mais sur tout luy a servy sa grant largesse, car, ainsi comme saigement conduysoit l’adversité, à l’opposite2, dès qu'il cuydoit estre asseur? ou seullement en une trefve, se (mectoit à pee end les gens par petitz moyens qui peu
à grant peine povoit endurer paix#, Il estoit leger à parler d gens, et aussi tost en leur presente que en leur absence, sauf de ceulx qu'il craignoit, qui estoit beaucoup, car il estoit assez craintif de sa propre natureÿ. Et quant, pour parler, il avoit receu quelque dommaige ou en avoit suspicion et il le vouloit reparer, il usoit de ceste parolle au personnaige propre : « Je sçay bien que ma langue
a. seigneurs P, que B. de Mandrot corrige d’après notre manuscrit D, d'accord avec B et M.—b. M donne la même leçon, ainsi que B. P a aseur. Les éditeurs anciens ont interprété à seur ou corrigé asseuré. En réalité, asseur est une forme correcte pour « assuré ».
1. La critique revient à dire que l’art de Louis XI est surtout l'art de réparer ses propres fautes, et son règne illustre l'observation.