LES DANGERS DE LA DÉSUNION
mieulx leur appointement que luy; et que, comme il estoit le plus fort, il failloit qu’il fust le plus saige et qu’il les gardast de diviser et les entretenir joinctz de tout son povoir et qu’il dissimulast toutes ces choses; mais que, à la
erité, l’on s’esbahissoit1 assez, et mesmement chez luy, de quoy si petiz personnaiges comme les deux dessus nomméz s’empeschoyent de si grant matière, et que c’estoit chose dangereuse, encores ayant affaire à roy si liberal comme cestuy-cy. Ledict de Contay hayait? ledict Guillaume Bische; toutesfois il disoit? ce que plusieurs autres disoyent comme luy; et croy que sa suspicion‘ ne l’en faisoit parler, “mais seulement la necessité de la matière. Audict seigneur de Charroloys pleut ce conseil, et se mist plus de feste avecques ces seigneurs que par avant et avecques meilleure chère et eut plus de communications avec eulx et leurs gens qu’il n’avoit accoustuméd.
Et à mon advis qu’il en estoit grant besoing, et danger qu’ilz ne se fussent separéz. Ung saige homme sert bien en une telle compaignie, mais que on le vueille croyre, [et ne se pourroit trop achapter. Mais jamais je n’ay congneu prince qui ait sceu congnoistre la difference entre iles hommes, jusques à çe qu'il se soit trouvé en necessité let en affaire, et, s’ilz le congnoissoient, si l'ignoroientilzt; et departent leur autorité à ceulx qui plus leurs sont agreables et/ pour l’aage qui leur est plus sortable ou pour estre comprins en leurs oppinions ou aucunes fois sont manyéz par ceulx qui sçavent et conduysent leurs petiz
a. il s’en parloit P, ce qui n’a guère de sens. — b. B. de Mandrot imprime il [ne] disoit. Cette intercalation change inutilement le sens. — c. passion P; suspesson M.— d. qu’ilz n’avoient accoustuméz M. — e. Telle est la leçon de A. Notre manuscrit, comme d'autres, y compris P, donne ignoroient, en sorte que la phrase n'a plus de sens plausible. — f. ou P.