LOUIS XI ET LE TÉMÉRAIRE SE SÉPARENT (3 NOV
jusques à Villiers le Bel, qui est ung villaige à quatre lieues près Paris, monstrant par effect avoir ung grant desir de
amitié dudict conte, et tous deux“ y logèrent ce soir?. Le roy avoit peu de gens, mais il avoit faict venir deux cens hommes d’armes pour le raconduyre, dont fut adverty le conte de Charroloys en se couchant, qui en entra en une très grant suspicion et feïst armer largement gens. Ainsi povez veoir qu’il est presque impossible que deux grans seigneurs se puissent accorder, pour les rapportz et suspicions qu’ilz
ont à chascune heure. Et deux grans princes qui se vo voul-
droïent bien entreaymer ne se devroyent jamais veoirÿ,
mais envoyer bonnes gens et sages les ungs vers les autres,
et ceulx-la? les entretiendroient ou 1amanderoient les faultes.
Lendemain au matin les deux s seigneurs “dessudictz® prindrent congié l’ung de l’autre avecques quelques saiges et bonnes parolles. Et retourna le roy à Parist en la compaignie de ceulx qui l’estoient allé querir; et cela osta la suspicion que on povoit avoir eu de leur venue. Et ledit conte de Charroloys print le chemin de Compiengne et de Noyon — et partout luy fut ouvert par le commandement du roy — et de là à Amyens, où il receüt leur hommaige et‘ de ceulx de la rivière de Somme et des terres de Picardye, qui luy estoient restituées par ceste paix5, desquelles le roy
a. Mot omis par P et A. — b. la omis par D et que nous rétablissons d'après les autres manuscrits. — c. Mot omis par P. — d. L’omission de et par P rend la phrase inintelligible. B. de Aandrot corrige leurs hommaiges, leçon de P, en les hommaiges et reproduit le texte de M"° Dupont [éd., t. 1, p. 106).