‹ Mémoires édités (volume 3)Chapitre 150 sur 315 · LOUIS XI SOUTIENT LES LIÉGEOIS · texte numérisé non relu

LOUIS XI SOUTIENT LES LIÉGEOIS

et paix et luy donnèrent certaine somme d'argent. Et s’estoient separéz de la cité du Liége et fait leur faict à part, qui-est le vray signe de la® destruction d’un pays, quant ceulx qui se doyvent tenir ensemble se separent et se? habandonnent. Je le dy aussi bien pour les princes et seigneurs allyéz ensemble, commet pour villes et communautéz; mais pour ce qu’il me semble que chascun peut avoir veü et leü de ces exemples, je m’en tais. Or est à noter que le roy Loys, nostre dit maistre, a myeulx sceü entendre cest art de separer les gens! que nul autre prince que jamais je congneü‘ et n’espargna l’argent ne ses biens ne sa peine, et non point seulement envers les maïistres, mais aussi bien envers les serviteurs?.

Ainsi ceulx de Dynant se commancèrent tost à repentir de cest appoinctement dessusdict, et feirent cruellement mourir quatre de leurs principaulx bourgeois qui avoient fait ledict traictié. Et recommancèrent la guerre en ceste conté de Namur, tant pour ces raisons que pour la sollicitation que faisoient ceulx de Bouvynies3. Le siège y fut mys par le duc Philippes; mais la conduycte de l’armée estoit à son filz; et y vint le conte de Sainct Pol, connestable de France, à leur secours, partant de sa maison, et non pas par auctorité du roy} ny avecques ses gens d'armes, mais amena de ceulx qu’il avoit amasséz ès marches de Picardye.

Orguilleusement feïrent une saillie ceulx de dedans à leur grant dommage. Le vire jour après furent prins d’assault,

a. À omet la. — b. Omis par P.— c. P ajoute je faiz. — d. que j'ay jamais congneu P.

1. Sur ce jugement, déjà formulé par Commynes, cf. ci-dessus, p. 57 et p. 89, n. 3

2. C’est ce que Commynes a déjà fait valoir dans son portrait de Louis XI, ci-dessus, p. 67.

3. C’est le soulèvement des « compagnons de la verte tente » (H. Pirenne, Histoire de Belgique, t. II, p. 270; 3° éd., p. 350, et G. Kurth, La cité de Liége au moyen âge, t. LI, p. 236).

4. La remarque tend à décharger le roi de toute responsabilité au sujet de cette intervention.

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