ÉVÉNEMENTS DE LIÉGE
reté de tenir cecy myeulx que ce qui estoit passé{, promisdrent baïller trois cens ostaiges? nomméz en ung rolle par l’evesque du Liége et autres ses serviteurs estans en l’armée et les livrer dedans? le lendemain huyt heures. Ceste nuyct estoit l’ost des Bourguygnons en grand doubte, car il n’estoit en riens cloz ny fort et separé et en lieu propice pour les Liégeois, qui tous estoient gens de pied et congnoissans le pays mieulx que nous. Aucuns d’eulx eurent envye de nous assaillir, et mon advis est qu'ilz en eussent eu du meilleur. Ceulx qui avoient traicté l’accord rompirent cette entreprise.
Dès que le jour apparut, tout nostre ost s’assembla et les batailles bien ordonnées ; le nombre grand comme de trois mil hommes d’armes{ que bons que mauvais,}et douze ou treize" mille archiers et d’autre gens de pied heaucoup du pays voysin. On tira droit à eulx pour recevoir les ostages ou pour les combattre, s’il y avoit faulte. Nous les trouvasmes jà separéz, et se departoyent par bendes et en desordre, comme peuple mal conduyt. Il estoit jà près de heure de midy, et n’avoyent point baillé les ostages.
. Le conte de Charroloys demanda au mareschal de Bourgongne, qui estoit là, s’il leur devoit courre sus? ou non. Ledict mareschal respondit que ouy et qu’il les povoit desfaire sans peril, à quoy ne devoit dissimuler, veü° que la faulte enoit d’eulx. Après, en demanda au seigneur de Contay, que lusieurs fois ay nommé, qui fut de ceste oppinion“, disant que amais n’auroit si beau party, et les luy montra jà separéz par endes, comme ilz s’en alloient, et loua fort de ne tarder plus.
a. treze D. — b. sus omis par M. — c. P donne et devant veü. — d. qui fut de ceste oppinion omis par D.