‹ Mémoires édités (volume 3)Chapitre 160 sur 315 · Hu » signifie « cri · texte numérisé non relu

Hu » signifie « cri

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BATAILLE DE BRUSTHEM (28 octobre 1467) 107

Les gens de cheval dont j’ay parlé“, qui estoient sur les deux costéz du village, ne povoient mal faire aux Liégeoys ne aussi ledict duc de Bourgongne de là où il estoit, à cause des marestz; mais seulement y estoient à l’adventure!, si lesditz Liégeoys eussent rompu ceste avant-garde et passéz leurs fosséz jusques au pays plain, de les povoir rencontrer. Ces Liégeoys se misdrent à la fuytte tout au long de ces marestz, et n’estoient chasséz que de gens à pied. Des? gens de cheval qui estoient avec ledict duc de Bourgongne,

Gl en y envoya une partie pour donner la chasse; mais il failloit qu'ilz prinsent bien deux lieues de torse? pour trouver passaige. Et la nuyct les surprint, qui saulva la vie à beaucoup de Liégeoys3. Autres renvoya devant la ville, pour ce qu’il y ouyt bruyt et doubtoit leur saillie. A la verité, ilz saillirent trois fois, mais tousjours furent reboutéz, et se y gouvernèrent bien les Angloys qui y estoient demouréz.

Lesdictz Liégeoys, après estre rompuz, se rallièrent ung

eu à l’entour de leur charroy. I1z° tindrent peu. Bien mourutd quelque six mille hommes, qui semble beaucoup à outes gens qui ne veulent point mentiri; mais, depuis que je suis né, j’ay veü en beaucoup de lieux qu’on disoit, pour ng homme qu’on avoit tué, cent, pour cuyder complaire; t avecques telz mensonges s’abusent bien aucunes fois les maistres. Quant n’eust esté la nuyt, il en fust mort plus de quinze milles.

a. je parle P. — b. les M et P.— c. et P.— d. Et tout y peült mourir P.

1. C'est-à-dire : en réserve pour parer à l’éventualité d’un succès liégeois.

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