‹ Mémoires édités (volume 3)Chapitre 159 sur 315 · François Royer · texte numérisé non relu

François Royer

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106 BATAILLE DE BRUSTHEM (28 octobre 1467)

[= Je ne me trouvay oncques en lieu avec ledict duc de Bourgongne où je luy veïsse donner bon ordre de soy, : excepté ce jour!. Incontinent feïst tirer toutes les batailles aux champs, sauf aucuns qu’il ordonna à demourer au siège. Et, entre® autres, il y laissa cinq cens Angloys. Il mist sur les deux costéz du villaige bien douze cens hommes d’armes et, luy, demoura viz à viz, plus loing dudict village que les aultres, avecques bien huyt cens hommes d’armes. Et y avoit grant nombre de gens de bien à pied avec les archiers, et grand nombre d'hommes d’armes. Et marchat monsr de Ravastin avecques l’avant-garde dudict duc, tous gens à pied, comme hommes d’armes et archiers, et certaines pièces d’artillerie® jusques sur le bort de leurs fosséz, qui estoient grans et parfons et plains d’eaue; et, à coup de flesches et de canons, furent reculléz, et gaignéz les fosséz et leur artillerie. Quant le traict fut failly aux nostresà, le cueur revint ausdictz Liégeois qui avoyent leurs picques longues, qui sont bastons avantageux, et chargèrent sur noz archiers et sur ceulx qui les conduysoient ; et en une trouppe tuèrent quatre ou cinq cens hommes en ung moment, et branloient toutes noz enseignes, comme gens presque desconfitz®. Et sur ce pas fist ledict duc marcher les archiers de sa bataille, que conduysoit messire Philippes de Crevecueur, seigneur des Cordes, et plusieurs autres gens de bien quif avecques ung grant hui,/assaillirent lesdictz Liégeoys, lesquelz en un moment furent desconfitz.

a. marchea D. — 6. P ajoute les. — c. B. de Mandrot, suivant P, met certaine pièce. Or canons est au pluriel un peu plus bas. Pièce devrait s'interpréter comme synonyme de « quantité ».

1. Olivier de la Marche, Mémoires, liv. IL, ch. 1, éd. Beaune et d’Arbaumont, t. III, p. 65, confirme l'élaboration du plan de bataille par le duc.

2. C'est-à-dire : quand les nôtres eurent tiré et manqué. Il fallait un long temps, en effet, pour recharger, et l'ennemi avait alors beau jeu.

3. Ce moment critique dut être très bref. Olivier de la Marche (loc. cit.) n’en fait pas mention.

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